InvestEU : Loxam signe le premier « Prêt Vert » accordé par la Banque européenne d’investissement en France
EURACTIV France a suivi la Secrétaire d'État chargée de l'Europe, Laurence Boone, qui s'est rendu lundi (26 septembre) à Colombes, dans les locaux de LOXAM, pour assister à la cérémonie de signature d'un prêt de 130 millions accordé par la Banque européenne d'investissement.
La secrétaire d’État chargée de l’Europe, Laurence Boone, s’est rendue lundi (26 septembre) dans les locaux de Loxam pour soutenir l’action de l’Union européenne en France, dans le cadre de la signature d’un prêt de 130 millions d’euros accordé par la Banque européenne d’investissement. EURACTIV France s’est rendu sur place pour suivre la cérémonie de signature et le déplacement de Mme Boone.
[Suite à l’évènement, Laurence Boone s’est entretenue avec EURACTIV France sur les prix de l’énergie et la Communauté politique européenne]
« C’est important de montrer ce que l’Europe fait pour concilier la compétitivité économique et la transition écologique ». Devant un parterre d’élus et de représentants du monde économique européen, la secrétaire d’État chargée de l’Europe, Laurence Boone, s’est rendue ce lundi à Colombes, dans les Hauts-de-Seine (92), dans les locaux du premier loueur de matériel de BTP d’Europe, Loxam.
Gérard Déprez, 36 ans à la tête de l’entreprise bretonne, a transformé pour l’occasion un simple bureau en salle de réception pour accueillir ses convives. « Nous sommes ici sur le terrain » prévient-il d’entrée, avant d’inviter son monde à se rendre à l’extérieur des locaux, dans le coin des « grands » engins, pour assister à une démonstration.

L’ensemble des élus et acteurs économiques européens réunis autour de Thierry Lahuppe, directeur Matériel de Loxam, pour assister à la démonstration d’un engin électrique de la gamme Loxgreen, lundi 26 septembre 2022.
« Un message pour l’avenir »
Laurence Boone est au premier rang. La voix du démonstrateur remplace le brouhaha habituel, car le véhicule exposé pour l’occasion dévoile sa puissance sans un bruit. Le directeur matériel de Loxam peut ainsi à loisir conter les avantages de sa gamme de véhicules électriques, Loxgreen.
« Les performances sont les mêmes » précise-t-il, faisant toutefois un premier aveu : « le ratio prix est encore élevé ». Deuxième aveu dans la foulée : les filiales « dans les pays scandinaves sont plus en avance que nous », mais « c’est en France que l’on fait les tests ».
Laurence Boone demande alors le temps de recharge des batteries de ces véhicules : « 8 heures » répond le directeur matériel. « Le problème majeur est la gestion de la recharge », ajoute-il, alors que pour le président de Loxam, ni le prix, ni l’adoption psychologique n’en sont un.
Gérard Déprez affirme même que l’entreprise prend à sa charge la différence de prix imputable aux véhicules électriques, pour que ses clients ne soient pas affectés.
Certes, « c’est un coût, mais c’est surtout un message pour l’avenir », affirme-t-il. Pour lui, la gamme de véhicules électriques Loxgreen est avant tout un outil de communication majeur pour mettre en avant la stratégie de décarbonation des activités de son entreprise. Mais « attention, nous ne faisons pas de greenwashing ». Il s’agit bien d’un investissement pour le futur.
130 millions d’euros
Preuve en est, la présence de la secrétaire d’État chargée de l’Europe à Colombes se justifie par la signature d’un prêt de 130 millions d’euros accordé par la Banque européenne d’investissement (BEI), représentée, pour l’occasion, par son vice-président, Ambroise Fayolle.
Une somme colossale pour le premier prêt labellisé « Prêt Vert » de la BEI en France, qui s’ancre dans le programme InvestEU de la Commission européenne annoncé suite à la crise pandémique pour relancer l’économie de l’Union et accélérer sa transition écologique et numérique.
Le fond InvestEU prévoit ainsi plus de 372 milliards d’euros d’investissements supplémentaires entre 2021 et 2027, avec une garantie de l’UE de 26 milliards exécutée à 75% par la BEI.
« InvestEU, c’est d’abord une vision, un avenir : avoir les moyens de ses ambitions ». Et « c’est ici, sur le terrain, que l’on obtiendra une relance », confie Valérie Drezet-Humez, cheffe de la Représentation de la Commission européenne en France présente pour l’occasion.
« La présence de Mme Boone et de Mme Drezet-Humez, témoigne de leur confiance aux entreprises pour mener à bien ce combat pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elles donnent une reconnaissance à la démarche entreprise par Loxam depuis 7 ans », déclare M. Déprez.
Respecter l’Accord de Paris
En débloquant cette somme de 130 millions d’euros, Loxam compte ainsi atteindre ses objectifs : décarboner ses activités dans le respect des exigences de l’Accord de Paris en réduisant de 50% ses émissions directes (scope 1 et 2) et de 30% ses émissions indirectes (scope 3) d’ici 2030.
Et si selon le directeur RSE de Loxam, Cédric Conrard, « les émissions directes ne représentent que 6% des émissions totales de l’entreprise », le travail que prépare l’entreprise sur ses émissions indirectes la place en « ambassadeur » pour tout un secteur.
« Nous sommes un pont entre les constructeurs et les clients finaux », déclare ainsi M. Déprez.
Une flotte composée de 650 000 engins passe en effet chaque année entre les mains de l’entreprise. Le premier loueur de matériel de BTP d’Europe affiche une croissance historique, avec un chiffre d’affaire titillant les 2,3 milliards d’euros en 2021.
L’entreprise peut ainsi se permettre d’investir plus de 700 millions d’euros par an pour décarboner ses activités. « La prise de conscience de l’accélération de la transition écologique est bien présente dans le monde économique et financier » affirme M. Déprez.
Laurence Boone se propose alors de revenir dans trois ans pour constater les évolutions. D’ici là, « de gros progrès auront été faits » lui répond M. Déprez.
D’autant que pour le vice-président de la BEI, « le premier prêt est toujours le plus dur à obtenir » ajoutant, non sans humour, qu’il attend dorénavant les demandes des concurrents, car l’ensemble du secteur doit effectuer cette transition et « l’Europe est là, de manière concrète, pour améliorer la vie des européens ».