Istanbul : fin de l'approvisionnement en gaz russe suite à un différend sur les prix

La Turquie a annulé un accord visant à fournir du gaz russe à la ville surpeuplée d'Istanbul suite à un différend sur les prix appliqués. Cette annulation a pour conséquence une perte de 15 % du gaz nécessaire dans le pays, ce qui entraînera une hausse des prix pour les consommateurs. EURACTIV Turquie a contribué à cet article.

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La Turquie a annulé un accord visant à fournir du gaz russe à la ville surpeuplée d'Istanbul suite à un différend sur les prix appliqués. Cette annulation a pour conséquence une perte de 15 % du gaz nécessaire dans le pays, ce qui entraînera une hausse des prix pour les consommateurs. EURACTIV Turquie a contribué à cet article.

L'entreprise publique turque Bota? a annoncé samedi (1er octobre) qu'elle avait rompu un accord avec le géant russe Gazprom sur l'approvisionnement de gaz naturel, dans la mesure où elle n'a pas pu obtenir de réductions des prix.

Le gaz devait être livré via l'itinéraire occidental, un gazoduc qui traverse l'Ukraine, la Roumanie et la Bulgarie.

« Les hausses des prix devraient être supportables. Nous réviserons les contrats qui approchent de leur terme. Celui de l'itinéraire occidental en fait partie. Si nos exigences en termes de réduction des prix ne sont pas respectées, nous y mettrons fin », a déclaré Taner Yildiz, le ministre turc en charge de l'énergie et des ressources naturelles.

Les prix du gaz ont augmenté d'environ 39 % au cours des 29 derniers mois, a précisé M. Yildiz.

Ce différend a entraîné la rupture d'un contrat pour la distribution annuelle de six milliards de mètres cubes de gaz, ont confirmé les services de presse de Gazprom dimanche, sans toutefois donner plus de détails. L'itinéraire occidental, qui achemine du gaz depuis 1986, a déjà posé des problèmes à la Turquie à cause des conflits récurrents entre la Russie et l'Ukraine.

Cependant, la Turquie continuera à importer du gaz via le gazoduc Blue Stream, qui transporte le gaz à travers la mer Noire de la station de compression de Beregovaya en Russie au terminal de Durusu, près de la ville turque de Samsun, a fait savoir le quotidien Hürriyet. La Turquie achète près de 16 milliards de mètres cubes (mmc) de gaz russe via le Blue Stream, dans le cadre d'un contrat qui devait expirer 23 ans après la construction du gazoduc.

La consommation annuelle de gaz naturel de la Turquie atteint environ 37 mmc. L'an dernier, la Turquie a importé 18 mmc de gaz russe, ce qui représente environ 60 % de sa consommation nationale.

Cependant, Bota? a annoncé samedi qu'elle augmenterait les prix du gaz naturel pour les ménages de 12,3 % à 14,3 %, évoquant des hausses sur les marchés internationaux et la baisse de valeur de la livre turque. Les nouveaux prix ont commencé à s'appliquer le même jour. Les tarifs pour les clients de l'industrie augmenteront de 13,7 % à 14,3 %, a également fait savoir l'entreprise.

Maintien des relations

La rupture de ce contrat ne signifie pas la fin des achats de gaz naturel à la Russie, a déclaré Taner Y?ld?z.

Le ministre a également précisé que lorsque la Russie fournirait les documents requis par Ankara, la permission de construire le gazoduc South Stream dans les eaux turques serait accordée.

« Il n'y a aucun problème à ce sujet », a-t-il affirmé, ajoutant que les « relations stratégiques » de la Turquie avec la Russie ne pouvaient pas être « affectées par quelques contrats ».

La Russie a pris la place de l'Allemagne en tant que premier partenaire commercial de la Turquie, dans la mesure où les relations commerciales du pays avec Moscou devraient représenter plus de 40 milliards de dollars (30 milliards d'euros) d'ici la fin de l'année 2011, a expliqué le quotidien Zaman. En plus des deux tiers de sa consommation de gaz naturel, 20 % du pétrole importé en Turquie provient de la Russie. Près de trois millions de touristes russes se rendent en Turquie chaque année, et les deux pays ont annulé leurs exigences mutuelles en termes de visa mi-avril.

En outre, la Turquie a également enlevé la Russie de la liste des pays représentant une menace extérieure. Les entrepreneurs turcs ont déjà réalisé quelque 1200 projets en Russie pour un montant total de 32 milliards de dollars (24 milliards d'euros).

La Russie et la Turquie ont également conclu un accord pour la construction de la première centrale nucléaire turque dans la ville côtière d'Akkuyu, dans la province de Mersin, au sud du pays. Un consortium mené par l'entreprise russe AtomStroyExport construira cette centrale à Akkuyu et payera tous les coûts de construction, estimés à environ 20 milliards de dollars (15 milliards d'euros).

Dans le même temps, Alexeï Gromov, un expert en gaz naturel de l'Institut traitant des problèmes liés aux monopoles naturels, a déclaré que la Turquie bluffait et que les prix du gaz devaient être ajustés en fonction des hausses du prix du pétrole enregistrées en mai et en juin, a fait savoir l'agence de presse Cihan.