Italie : Giorgia Meloni en pourparlers avec SpaceX d'Elon Musk, l'opposition monte au créneau
Les partis d’opposition italiens ont contesté le prétendu contrat de sécurité de 1,5 milliard d’euros conclu par la Première ministre Giorgia Meloni avec l’entreprise d’Elon Musk SpaceX, exigeant des éclaircissements au parlement.
Les partis d’opposition italiens ont contesté le prétendu contrat de sécurité de 1,5 milliard d’euros conclu par la Première ministre Giorgia Meloni avec l’entreprise d’Elon Musk SpaceX, exigeant des éclaircissements au parlement.
Un contrat de cinq ans entre le gouvernement et SpaceX, entreprise spécialisée dans l’astronautique et le vol spatial appartenant au milliardaire américain Elon Musk, qui viserait à créer un système de télécommunications sécurisé à l’usage du gouvernement italien, a suscité de vives réactions sur fond d’inquiétude de la part des partis de l’opposition.
Des rapports publiés dimanche 5 janvier par Bloomberg suggèrent que le gouvernement italien était en pourparlers avec SpaceX, le projet ayant déjà reçu l’approbation des services de renseignement italiens et du ministère de la Défense.
Présenté comme le plus grand projet de ce type en Europe, celui-ci prévoit que SpaceX fournisse un accès sécurisé à Internet via son système Starlink pour les opérations du gouvernement italien, des services de communication pour l’armée en Méditerranée et des services de communication directe par satellite pour les situations d’urgence telles que les attaques terroristes ou les catastrophes naturelles.
Dans un communiqué publié lundi 6 janvier, le gouvernement italien a nié la signature d’un quelconque contrat ou accord avec SpaceX. Le communiqué ne précise toutefois pas si le gouvernement est engagé dans des négociations en cours avec SpaceX sur un tel accord.
Au lieu de cela, le gouvernement a déclaré que les discussions faisaient « partie des consultations normales que les institutions de l’État ont avec les entreprises ».
Elon Musk n’a pas non plus confirmé les informations, mais a commenté sur X qu’il était prêt à « fournir à l’Italie la connectivité la plus sûre et la plus avancée ! ».
La nouvelle a secoué les rangs de l’opposition, qui se sont unis pour dénoncer le prétendu accord et exiger des éclaircissements de la part de Giorgia Meloni.
« La déclaration ne précise pas si des discussions sont en cours avec Starlink », ont souligné les membres du Parti démocrate de centre gauche (S&D) dans une déclaration commune.
La secrétaire du Parti démocrate, Elly Schlein, a jugé le démenti « complètement insuffisant » et a demandé à Giorgia Meloni de fournir des éclaircissements de la part du gouvernement devant le parlement. « L’Italie n’est pas en train de se vendre », a-t-elle ajouté.
L’ancien Premier ministre Giuseppe Conte, président du Mouvement 5 étoiles (La Gauche), un parti d’opposition, a accusé le gouvernement de céder la sécurité nationale à Elon Musk pour « la modique somme de 1,5 milliard d’euros de fonds publics ».
« Tout cela peut-il être décidé sur la base de liens personnels entre notre Première ministre et l’un des aspirants “maîtres du monde” ? », a réagi Giuseppe Conte.
« Personne n’a aboli le parlement », a pour sa part réagi l’ancien Premier ministre libéral Matteo Renzi. « Le gouvernement ne peut pas donner un milliard et demi à une entité privée sans appel d’offres ni transparence publique. »
La nouvelle est tombée peu après la visite inattendue de la Première ministre Giorgia Meloni à Mar-a-Lago, la résidence du président élu américain Donald Trump, dimanche 5 janvier. Le gouvernement italien a toutefois précisé que la question de SpaceX n’avait pas été abordée lors de la visite, qualifiant ces affirmations de « tout simplement ridicules ».