Italie : vers un changement de cap économique ?

Les parlementaires italiens ont adoubé Enrico Letta, le nouveau premier ministre italien, dont le discours de politique générale a été massivement salué.

EURACTIV.fr
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Les parlementaires italiens ont adoubé Enrico Letta, le nouveau premier ministre italien, dont le discours de politique générale a été massivement salué.

Après deux mois d’instabilité politique, le nouveau gouvernement de coalition italien, est en place. Ce dernier a reçu la confiance de la chambre des députés le 29 avril, avant celui du Sénat attendu aujourd’hui.

« Nous mourrons de la seule consolidation budgétaire, une politique de croissance ne peut attendre plus longtemps », a lancé Enrico Letta. Le nouveau président du Conseil veut concentrer l’action du gouvernement sur l’emploi. En février 2013, 11,6% des italiens sont au chômage. 

Mais il donne des gages à la droite, en supprimant la taxe foncière à partir du mois de juin 2013. La TVA passera en revanche de 21 à 22%.

La protection sociale sera aussi réformée en profondeur afin d’être « plus universelle, plus axée sur les jeunes, les femmes et étendu à ceux qui ne sont pas couverts ». Une réforme territoriale devrait entériner la suppression des provinces, qui a connu des blocages sous la présidence Monti.

Le nouveau gouvernement, qui récolte le faible soutien de 41% d’Italiens, s’attellera aussi à la rénovation en profondeur de vie politique. Une nouvelle loi électorale est dans les cartons, ressuscitant le projet inabouti de Mario Monti. Des mesures contre les conflits d’intérêts sont aussi à l’agenda.

Nouvel allié pour François Hollande ?

Presque un an jour pour jour après l’élection de François Hollande, Rome souhaite recentrer les priorités européennes « sur la croissance et l’emploi » plutôt que sur les « mesures d’austérité budgétaire ».

Ce changement de cap pour le nouveau ministre de l’Industrie Flavio Zanonato peut amener « à une renégociation du pacte de stabilité de la zone euro », en excluant les investissements publics du calcul du déficit. Une antienne aussi vieille que le traité de Maastricht.

Bientôt en tournée à Paris, Berlin et Bruxelles, le gouvernement transalpin attend beaucoup de la position de la France pour sortir de la spirale de l’austérité.