Jeux olympiques : la présence de Nicolas Sarkozy suscite la controverse [FR]

La confirmation de la participation Nicolas Sarkozy à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin a indigné certains eurodéputés. Ceux-ci ont violemment critiqué la France, lui reprochant de placer ses propres intérêts commerciaux avant les inquiétudes liées aux droits de l’homme en Chine.

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La confirmation de la participation Nicolas Sarkozy à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin a indigné certains eurodéputés. Ceux-ci ont violemment critiqué la France, lui reprochant de placer ses propres intérêts commerciaux avant les inquiétudes liées aux droits de l’homme en Chine.

Le 9 juillet,  le vice-président du Parlement européen Edward McMillan-Scott (UK, PPE-DE) a déclaré que le message du Parlement européen était qu’il fallait empêcher Nicolas Sarkozy de se rendre à Pékin. Selon lui, le régime chinois est arbitraire, brutal et paranoïaque et il recourt à la torture en tant qu’instrument de terreur. Cette déclaration intervient après l’annonce de M. Sarkozy qui a confirmé qu’il participera à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques « au nom de l’Union européenne ». 

Le président français, dont le pays occupe la présidence de l’UE jusqu’à la fin de l’année, a indiqué que sa décision est soutenue par l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement européens même si certains dirigeants comme Angela Merkel ou Gordon Brown ont annoncé qu’ils ne participeront pas à la cérémonie (EURACTIV 26/03/08). 

Le co-président du groupe des Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit, estime que la présence de M. Sarkozy à Pékin serait « un scandale ». « Aller à l’ouverture des Jeux […], c’est faire allégeance au Parti communiste chinois ». Selon lui, cela revient à approuver le mépris flagrant de la Chine à l’égard de ses promesses concernant les droits de l’homme.

Dans un discours devant le Parlement, le secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, a défendu la position du président en invoquant qu’il vaut mieux participer à la cérémonie que la regarder à la télévision. Selon lui, la présence de M. Sarkozy sera en effet l’occasion d’avoir une discussion concrète avec les dirigeants chinois à propos de ces questions controversées.

Mais M. Cohn-Bendit a rejeté de telles allégations, estimant que la priorité du président français est avant tout de vendre des centrales nucléaires et des Airbus, et non de respecter les droits et les intérêts de millions d’individus.

Le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, a lui aussi pris position contre M. Sarkozy, rappelant la résolution  adoptée par le Parlement en avril. Celle-ci exhortait les dirigeants de l’UE à boycotter la cérémonie d’ouverture en août à moins que la Chine n’accepte d’entamer des pourparlers avec le Dalaï Lama, le chef spirituel du Tibet en exil (EURACTIV 11/04/08). M. Pöttering a déclaré qu’il n’assistera pas à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques en raison de l’absence de progrès dans ces discussions. 

Graham Watson, président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe au Parlement européen, a adopté quant à lui une approche plus conciliante, considérant que la « position commune » des Etats membres « met un terme à la division de l’Europe sur la politique extérieure ». « Cependant, un éléphant dans un magasin de porcelaine européen n’est pas ce dont nous avons besoin. Représentant 500 millions de citoyens européens, Nicolas Sarkozy devrait manœuvrer délicatement entre l’acceptation de la coopération avec Pékin et la désapprobation claire des violations des droits de l’homme en Chine », a-t-il toutefois mis en garde. 

Au printemps, la commission des athlètes du Comité international olympique (CIO) s’était exprimée avec passion, appelant les dirigeants mondiaux à ne pas boycotter la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Selon elle, les athlètes « se sont entraînés pendant des années pour leur moment de gloire et ils méritent de le vivre sans subir le poids de problèmes d’ordre géopolitique, aussi importants soient-ils ».

Les athlètes ont estimé que les conflits mondiaux ne peuvent pas être abordées par les Jeux car cela changerait « l’essence même de cet événement – à savoir la compétition entre athlètes dans un esprit de respect, d’amitié et de fair-play ».
Les Jeux olympiques d’été de Pékin  se dérouleront du 8 au 24 août.