Jo Leinen : l’UE a besoin d’une « union de solidarité »
La proposition de traité pour un pacte budgétaire, en cours de négociation, met l'accent sur l’austérité et ne suffira pas pour régler nos difficultés économiques, affirme Jo Leinen, un eurodéputé allemand social-démocrate. Mais l’attention sans précédent dont jouit l’Europe dans ce contexte de crise est l'occasion pour les fédéralistes de se faire connaître auprès du public, a-t-il déclaré.
La proposition de traité pour un pacte budgétaire, en cours de négociation, met l'accent sur l’austérité et ne suffira pas pour régler nos difficultés économiques, affirme Jo Leinen, un eurodéputé allemand social-démocrate. Mais l’attention sans précédent dont jouit l’Europe dans ce contexte de crise est l'occasion pour les fédéralistes de se faire connaître auprès du public, a-t-il déclaré.
« Je pense toutefois que l'union budgétaire est un objectif essentiel qui devrait être atteint en 2012. Je suis heureux que le Parlement ait été impliqué dès le début dans la préparation du texte du traité », a-t-il déclaré.
M. Leinen a été élu président du Mouvement européen international (MEI) par l'assemblée fédérale de l'organisation en novembre 2011.
Il a déploré le caractère « inégal » de la proposition de traité, affirmé qu'elle ne comportait pas « les autres éléments permettant de sortir de la récession économique et de stimuler la croissance et l'emploi ».
M. Leinen a fait remarquer que la proposition ne présentait pas d'élément en faveur de la « solidarité » en plus de la « stabilité », à savoir l'émission d'euro-obligations, un rôle de prêteur en dernier ressort pour la Banque centrale européenne, ou encore un budget européen plus important pour investir davantage.
« J'aimerais que la Commission soit bien plus proactive, plus dynamique dans ses propositions législatives pour la croissance économique », a-t-il expliqué.
Crise et opportunité
M. Leinen a affirmé que les efforts actuels en faveur de l'intégration étaient le résultat de différentes pressions exercées par les marchés financiers et non pas d'une réelle volonté politique.
Il a toutefois ajouté que la crise était une opportunité pour les fédéralistes de faire passer un message : « J'espère que cette crise représentera également une opportunité. Il n'y a jamais eu autant de débats sur l'Europe que ces derniers mois. »
Le Mouvement européen et la société civile ont un rôle important à jouer pour recréer une volonté politique pour l'idée européenne », a-t-il argué.
M. Leinen a déclaré que le traité proposé avait été un facteur d'unification pour des organisations telles que le MEI et l'Union des fédéralistes européens.
« En fait, tout le processus de la convention pour un traité constitutionnel fait que les organisations pro-européennes de la société civile se dirigent aujourd'hui dans la même direction avec un objectif commun. Nous reconnaissons que la méthode communautaire est la méthode qui permettra de gouverner, de diriger et de relever les défis auxquels est confrontée l'Europe », a-t-il affirmé.
L'eurodéputé a salué l'Initiative citoyenne européenne, qui entrera en vigueur en avril 2012 et qui permettra aux citoyens européens de présenter des propositions législatives à condition qu'ils rassemblent au moins 1 million de signatures.
Il a ajouté que le Mouvement européen discutait actuellement de plusieurs idées d'initiatives. « Nous devons rester vigilants pour que l'ICE ne soient pas prise d'assaut par les eurosceptiques et les autres éléments anti-européens », a-t-il mis en garde.
La bourde de David Cameron
M. Leinen a expliqué que la décision de la Grande-Bretagne d'opposer son véto au nouveau traité budgétaire ne serait pas sans conséquences : « M. Cameron a peut-être commis la pire erreur de sa carrière politique, car il a relié une question concernant le marché commun […] à une nouvelle question concernant une union budgétaire dans laquelle la Grande-Bretagne n'aurait même pas été impliquée. »
L'eurodéputé n'a pas pu donner un avis tranché sur l'appartenance de la Grande-Bretagne aux nouvelles institutions dans le cas où cela signifierait d'abandonner l'idée d'une taxe sur les transactions financières, une proposition largement soutenue au sein de l'UE mais à laquelle la Grande-Bretagne reste farouchement opposée.
« En tant que socio-démocrate, je vous répond clairement non. Si vous me posez cette question en tant que président du Mouvement européen, je vous répondrai que j'aimerais que la Grande-Bretagne revienne autour de la table pour trouver une solution qui ne divisera pas l'Europe », a-t-il expliqué.
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