Joe Biden exhorte le chancelier Scholz à respecter les objectifs de dépenses de l’OTAN
Le président américain Joe Biden a conseillé au chancelier Olaf Scholz de « maintenir » l’engagement de l’Allemagne envers les objectifs de dépenses de l’OTAN, alors que les deux dirigeants se sont rencontrés à Berlin ce vendredi 18 octobre dans un contexte de sécurité tendue en Ukraine et au Moyen-Orient.
En visite à Berlin vendredi 18 octobre, le président américain Joe Biden a conseillé au chancelier Olaf Scholz de tenir les engagements de l’Allemagne en matière de dépense militaire, dans le cadre de l’Otan et alors que les situations sécuritaires en Ukraine et au Moyen-Orient restent préoccupantes.
Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient figurent en bonne place dans l’ordre du jour de la rencontre des deux chefs d’États, qui remplace la visite annulée la semaine dernière sur la base militaire de Ramstein, alors que Kiev fait pression sur les capitales européennes pour qu’elles soutiennent son « plan de victoire » visant à mettre fin à la guerre.
Cette rencontre a lieu moins de trois semaines avant l’élection présidentielle américaine, et alors qu’une potentielle victoire de Donald Trump pourrait compromettre le soutien des États-Unis à l’Ukraine et à la défense européenne.
Dans ce contexte, Joe Biden a expliqué aux journalistes soutenir la décision de l’Allemagne de consacrer 2% de son PIB à la défense. « Je vous en prie, continuez ainsi, car c’est important », a-t-il demandé.
L’Allemagne avait promis d’atteindre cet objectif, dans le cadre d’une politique de renforcement de sa sécurité baptisée « Zeitenwende » (tournant), après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, en février 2022. Un objectif atteint en 2024 et pour la première fois depuis 1991, selon les données de l’International Peace Research Insitute de Stockholm.
Certains observateurs expliquent toutefois que Berlin comptabilise dans ce total des dépenses qui ne sont pas exactement militaires. Le financement de cet effort sur le long terme reste lui aussi incertain.
Continuer de soutenir l’Ukraine
À Berlin, Joe Biden a également souligné les contributions des États-Unis et de l’Allemagne, « deux des plus grands soutiens de l’Ukraine dans sa lutte pour la survie ».
« L’Ukraine est confrontée à un hiver difficile, nous devons — nous devons — maintenir notre détermination, nos efforts et notre soutien », a déclaré aux journalistes le président américain, expliquant discuter avec la chancelier allemand pour renforcer cette aide.
Joe Biden et Olaf Scholz ont été rejoints à Berlin par le président français Emmanuel Macron et par le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Durant la semaine qui vient de s’écouler, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a présenté à Paris, Londres, Rome, Berlin et Bruxelles les détails de son « plan de victoire », censé forcer Moscou à s’asseoir à la table des négociations.
Certains des points de ce plan ont cependant laissé les dirigeants européens pour le moins circonspect, notamment celui de l’intégration de l’Ukraine à l’Otan et celui de l’autorisation de l’utilisation d’armes occidentales à longue portée contre le territoire russe.
Olaf Scholz a précisé à plusieurs reprises que l’Allemagne ne livrerait pas de missiles ayant la portée demandée. Le Royaume-Uni, la France et les États-Unis n’ont jusqu’à présent pas autorisé l’Ukraine à utiliser leurs armes contre des cibles militaires en Russie.
Sur le dossier de l’Otan, le chancelier allemand a souligné après le Conseil européen de jeudi à Bruxelles que « la guerre entre la Russie et l’Ukraine ne doit pas dégénérer en une guerre entre la Russie et l’OTAN ». Il a réitéré cet position à Berlin.
La paix au Moyen-Orient ?
Les deux dirigeants ont également affirmé leur espoir d’une paix dans la guerre qui oppose Israël et les milices du Hamas et du Hezbollah — notamment suite à la mort du chef du Hamas, Yahya Sinwar.
« Avec la mort du chef du Hamas, responsable de la terrible attaque terroriste [contre Israël le 7 octobre], il faut espérer un cessez-le-feu à Gaza et un accord sur la libération des otages du Hamas », a déclaré Olaf Scholz.
Joe Biden a qualifié l’assassinat, confirmé par Israël jeudi, de « moment de justice ».
« Faisons de ce moment une occasion de chercher un chemin vers la paix », a-t-il ajouté.
[Édité par Laurent Geslin]