José Manuel Barroso félicite Victor Ponta lors d’une réunion

Le premier ministre roumain, Victor Ponta, a déclaré que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ne lui avait adressé aucun reproche lors de leur réunion d’hier (17 septembre) et l’avait au contraire félicité de son engagement à sortir le pays de la crise politique dans laquelle il s’enlise.

EURACTIV.com
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Le premier ministre roumain, Victor Ponta, a déclaré que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ne lui avait adressé aucun reproche lors de leur réunion d’hier (17 septembre) et l’avait au contraire félicité de son engagement à sortir le pays de la crise politique dans laquelle il s’enlise.

 

« Il s'est dit satisfait que les fameux onze points aient été abordés par moi-même et le gouvernement que je dirige de la manière la plus sérieuse qui soit », a déclaré M. Ponta, cité dans la presse roumaine. Il a fait référence à la liste des 11 mesures que M. Barroso lui avait remise le 12 juillet dernier en plein cœur d'une crise politique considérée par l'opposition comme un coup d'État.

 

Aucune conférence de presse n'a été organisée à l'issue de la réunion entre MM. Barroso et Ponta. Il en fut de même vendredi (14 septembre), lorsque le président de la Commission a reçu le président roumain, Traian B?sescu.

 

Le communiqué de presse de l'exécutif européen ne donne toutefois pas l'impression que la réunion se soit passée aussi bien que l'affirme M. Ponta.

 

Il mentionne que M. Barroso a exhorté le gouvernement et l'opposition à faire preuve de responsabilité et de retenue, tout en se concentrant sur le besoin urgent de restaurer la stabilité institutionnelle et politique.

 

« Le président Barroso a souligné l'importance de la promotion  des valeurs européennes, des valeurs de justice et de liberté, ainsi que d'une société réellement pluraliste en Roumanie », peut-on encore y lire.

 

M. Barroso a expliqué qu'il était crucial que les nominations pour les postes de procureur général et de procureur en chef de la direction nationale anticorruption soient menées de manière juste et transparente. Il a également insisté sur le fait que le gouvernement devrait éviter, tant avant qu'après les élections, de nommer des ministres dont l'intégrité n'est pas assurée.

 

Les élections législatives auront lieu le 9 décembre et la coalition USL socialiste et libérale, dirigée par M. Ponta, est en tête dans les sondages.

 

L'un des sujets qui ont tenu une bonne place dans les discussions semble être la nécessité d'améliorer le faible taux d'absorption des fonds européens en Roumanie.

 

« La Roumanie risque de perdre des financements significatifs qui pourraient avoir un impact positif majeur sur les citoyens et les entreprises du pays. Le président Barroso a exhorté le gouvernement à prendre des mesures immédiates, afin de renforcer ses capacités administratives et les règles sur les marchés publics », peut-on lire dans le communiqué.

 

Selon un récent rapport rédigé par le Sénat français, au 1er janvier 2012, la Roumanie n'avait été capable d'absorber que 4 % des 19,7 milliards d'euros qui lui ont été alloués dans le cadre du budget européen de 2007-2013. Si tous les fonds européens avaient été utilisés, ils auraient pu représenter jusqu'à 3,8 % du PIB du pays.

 

Au lieu de cela, la Roumanie a bénéficié d'une aide du FMI à hauteur de 5 milliards d'euros, mais son destin reste incertain en raison des conditions politiques difficiles.

 

M. Barroso a demandé au gouvernement roumain de poursuivre ses efforts s'agissant de respecter les conditions des deux programmes d'ajustement économique.

 

« La progression des réformes structurelles, notamment la restructuration des entreprises publiques et la réforme des soins de santé, est cruciale pour la soutenabilité à long terme des finances publiques », a ajouté l'exécutif européen dans sa déclaration.

 

M. Barroso a par ailleurs exhorté le gouvernement roumain à atteindre les objectifs définis par le mécanisme de coopération et de vérification (MCV), mis en place pour aider la Roumanie et la Bulgarie à améliorer leur système d'application des lois et à lutter contre la corruption. Le dernier rapport du MCV, publié le 18 juillet, était extrêmement critique sur la Roumanie.

 

Le prochain rapport du MCV sera publié en décembre et portera uniquement sur la Roumanie. Dans un récent document de position, l'Allemagne a fait part de son souhait que les pays qui enfreignent les principes généralement reconnus de la démocratie perdent leurs financements européens.

 

« Il devrait être possible de geler les financements du cadre stratégique commun si le Conseil a des doutes quant au respect par un État membre des valeurs européennes définies à l'article 2 du TUE », peut-on lire dans ce document consulté par EURACTIV.

 

Le prochain test sur les relations UE-Roumanie devrait avoir lieu lors du prochain sommet. Alors que MM. Ponta et B?sescu se chamaillent pour savoir qui devrait représenter le pays lors des sommets européens, le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a affirmé qu'il choisirait quel dirigeant inviter.