José Manuel Barroso fustige les conservateurs britanniques sur la crise de l'euro
Hier (3 juillet), devant le Parlement européen à Strasbourg, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a critiqué les eurosceptiques britanniques, les accusant de semer la discorde et de se réjouir des problèmes de la zone euro.
Hier (3 juillet), devant le Parlement européen à Strasbourg, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a critiqué les eurosceptiques britanniques, les accusant de semer la discorde et de se réjouir des problèmes de la zone euro.
« Laissez-moi vous dire qu'il est déroutant de voir que vous vous réjouissez des difficultés de la zone euro », a déclaré M. Barroso aux conservateurs britanniques. Il a ajouté que cette attitude contrastait grandement avec la position du premier ministre, David Cameron.
M. Barroso a surtout visé l'eurodéputé conservateur Martin Callanan qui a critiqué à plusieurs reprises le renflouement des banques. Il a affirmé que ces sauvetages revenaient à gaspiller l'argent des contribuables et il s'est exprimé en faveur de la sortie de certains pays de la zone euro.
Selon M. Callanan, une alternative serait que la zone euro réduise son nombre d'Etats membres pour que certains pays aient la possibilité de dévaluer leur monnaie et d'ainsi revenir sur le chemin de la compétitivité.
M. Barroso a rétorqué qu'il existait un consensus, y compris parmi les Etats en dehors de la zone euro, sur la nécessité de renforcer la zone. « Tenter de séparer la zone euro du reste de l'UE serait une grande erreur », a-t-il martelé.
« Ceux qui connaissent l'histoire européenne savent qu'il est toujours négatif de préjudicier une partie de l'Europe par rapport à une autre », a-t-il déclaré, ajoutant que le projet européen avait été lancé justement pour éviter ces divisions du passé.
Une centaine de législateurs conservateurs ont écrit à M. Cameron la semaine dernière pour réclamer un référendum lors de la prochaine législature.
M. Cameron a rejeté l'idée d'un référendum pour le moment, mais il s'est dit ouvert à un vote sur la renégociation des relations qu'entretiennent la Grande-Bretagne et l'Union.
Alors que la zone euro surendettée tente d'aboutir à une plus grande intégration budgétaire, bancaire, voire politique, M. Cameron subit de plus en plus de pressions de la part des rebelles de droite de son propre parti qui souhaitent que les Britanniques puissent choisir s'ils souhaitent rester au sein de l'UE ou affaiblir leurs liens avec Bruxelles.
La place de Londres au sein du marché commun serait en jeu en cas de référendum, tout comme le statut de centre financier régional dont jouit la City.
La relation qu'entretient la Grande-Bretagne avec l'UE était déjà un sujet difficile pour le parti conservateur par le passé et a même contribué à la chute des anciens leaders du parti. Aujourd'hui, elle reste un caillou dans la chaussure de M. Cameron qui a changé d'avis à plusieurs reprises ces dernières semaines, ce qui a joué en faveur des eurosceptiques de son propre parti.