Josep Borrell demande un acheminement plus rapide de l’aide à Gaza
Le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a demandé un acheminement plus rapide de l’aide à Gaza, alors que les ministres des Affaires étrangères de l’Union se réunissent pour discuter des multiples conflits qui se déroulent dans le voisinage de l’Europe.
Le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a demandé lundi (23 octobre) un acheminement plus rapide de l’aide à Gaza, alors que les ministres des Affaires étrangères de l’Union se réunissent pour discuter des multiples conflits qui se déroulent dans le voisinage de l’Europe.
S’adressant aux journalistes avant les discussions, le Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a également déclaré que l’UE envisageait de demander une « pause humanitaire » dans le conflit entre Israël et le Hamas palestinien.
« Qu’est-ce qui est important ? Une aide plus importante, plus rapide, et en particulier la mise en place des éléments de base qui permettent de rétablir l’approvisionnement en eau et en électricité [dans la région] », a-t-il déclaré.
M. Borrell a précisé que les quelques dizaines de camions d’aide humanitaire autorisés à entrer dans la bande de Gaza depuis l’Égypte n’étaient « pas suffisants » et que le carburant nécessaire à la production d’électricité et d’eau potable était particulièrement indispensable.
Il a ajouté que les ministres des Affaires étrangères de l’UE discuteraient également des appels lancés par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, en faveur d’un « cessez-le-feu humanitaire », et que la question serait mise sur la table lors d’un sommet des dirigeants de l’UE qui se tiendra jeudi (26 octobre) et vendredi (27 octobre).
« Personnellement, je pense qu’une pause humanitaire est nécessaire pour permettre à l’aide internationale d’arriver et d’être distribuée, puisque la moitié de la population de Gaza a dû fuir de chez elle », a affirmé M. Borrell.
« Les attaques de missiles, de roquettes du Hamas, de Gaza, doivent cesser et les otages, les personnes qui ont été kidnappées, doivent être libérés […]. Cela fait partie de toute démarche de désescalade », a-t-il ajouté.
Au cours des deux dernières semaines, l’UE est apparue divisée, les États membres et les institutions de l’UE affichant des positions divergentes concernant la récente escalade dans le conflit israélo-palestinien.
Le week-end dernier, les espoirs de voir le sommet de la paix du Caire atténuer de manière significative la crise de Gaza ont été déçus, et en l’absence de responsables israéliens et américains de haut rang, aucun accord n’a été trouvé pour mettre un terme à la violence.
Les discussions de paix en Égypte ont également révélé un fossé entre les Européens et le monde arabe, qui a accusé les Européens de faire deux poids deux mesures en condamnant les violations du droit international et humanitaire commises par la Russie, alors qu’ils n’ont pas fait de même avec la réponse d’Israël après l’attaque du Hamas.
Un cessez-le-feu ?
Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavský, a mis en doute la faisabilité d’un cessez-le-feu temporaire avec le groupe islamiste au pouvoir à Gaza.
« Il y a une organisation terroriste qui contrôle Gaza, qui envoie des roquettes tous les jours et qui a perpétré une attaque barbare sur le territoire israélien », a-t-il déclaré. « La question est donc de savoir comment établir un tel cessez-le-feu. Il doit être établi des deux côtés. »
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a fait écho à ces propos : « Nous ne pouvons pas dire à Israël de cesser de se défendre lorsque le Hamas tire des missiles sur ses villes ».
S’adressant aux journalistes avant les pourparlers, d’autres ministres ont adopté une approche plus prudente.
Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Micheal Martin, a déclaré que son pays comprenait « la nécessité pour Israël de traiter avec le Hamas, car il s’agit d’une attaque épouvantable ».
« Mais le degré de souffrance — les civils innocents de Gaza souffrent — n’est pas du tout acceptable et c’est pourquoi nous pensons qu’une pause humanitaire est nécessaire pour permettre au minimum l’acheminement de l’aide et des approvisionnements ».
Annalena Baerbock, la ministre allemande des Affaires étrangères, a déclaré que « la lutte contre le terrorisme, qui a apporté tant de souffrances à la population de Gaza, est essentielle ».
« En même temps, tout doit être fait pour soulager les souffrances inimaginables des deux millions d’habitants de Gaza », a poursuivi Mme Baerbock. « C’est un dilemme impossible à résoudre, mais nous devons le faire ensemble », a-t-elle ajouté.
Le ministre letton des Affaires étrangères, Krisjanis Karins, a déclaré qu’il n’y aurait « pas de solution noire ou blanche ».
Des crises, encore des crises
Si les ministres des Affaires étrangères de l’UE feront de la guerre entre Israël et le Hamas le premier point à l’ordre du jour, cela signifie également que, pour la première fois, la guerre de la Russie contre l’Ukraine ne sera plus le principal sujet de discussion, ce qui n’est pas le cas depuis l’invasion de Moscou en février 2022.
Les diplomates de l’UE ont insisté sur le fait qu’il ne fallait pas y voir un signe de lassitude de l’UE à l’égard du soutien à l’Ukraine, bien que cette décision ait été interprétée par beaucoup comme une tentative de signaler aux pays du Sud que le sort des Palestiniens recevait la même attention que celui de l’Ukraine.
Au-delà d’Israël et de l’Ukraine, les ministres des Affaires étrangères de l’UE devraient assurer le suivi du soutien de l’Union à l’Arménie et de la manière d’empêcher l’Azerbaïdjan de poursuivre ses « aventures » dans la région, ainsi que discuter brièvement du cas Serbie-Kosovo et de la situation au Sahel après les récents coups d’État.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]