Mariano Rajoy, grand absent du sommet sur les Balkans occidentaux
Priština « comprend » la décision du Premier ministre espagnol de ne pas participer au sommet UE-Balkans occidentaux à Sofia, mais souligne que « le Kosovo n’est pas la Catalogne ».
Le Premier ministre espagnol n’a pas participé au sommet UE-Balkans occidentaux à Sofia, où question la question de l’indépendance du Kosovo mais souligne que « le Kosovo n’est pas la Catalogne ».
L’absence de Mariano Rajoy au sommet UE-Balkans occidentaux n’est pas passée inaperçue. La décision espagnole avait été prise dès mars par le Premier ministre espagnol. Aux prises avec la crise indépendantiste catalane, le gouvernement espagnol refuse discuter avec le Kosovo.
De son côté, le Kosovo ne veut pas en faire un sujet qui fâche. « On ne peut en aucun cas faire de parallèle entre nous et l’Espagne, le Kosovo n’est pas la Catalogne », a assuré le président kosovar, Hashim Thaçi, à Euractiv.
L’ancienne province serbe a déclaré son indépendance en 2008, mais n’a toujours pas été reconnue par cinq États membres : Chypre, l’Espagne, la Grèce, la Roumanie et la Slovaquie. Ceux-ci craignent en effet d’alimenter le séparatisme dans leurs propres territoires et désapprouvent la manière dont le Kosovo s’est séparé de la Serbie.
Étant donné la fragilité de l’équilibre politique espagnol, Mariano Rajoy n’a pas voulu ajouter de l’huile sur le feu et lancer un débat national sur les similitudes, ou non, des revendications kosovares et catalanes.
Il a cependant participé au dîner informel qui a eu lieu le 16 mai, la veille du sommet officiel, afin de ne pas froisser son hôte bulgare. « Nous avons un gros problème. Certains [États] parlent d’adhésion pour des pays qui ne sont pas reconnus par tous, notamment par l’Espagne. Cela nous inquiète », a-t-il déclaré.
C’est donc l’ambassadeur espagnol auprès de l’UE, Juan Pablo García-Berdoy, qui a représenté l’Espagne lors du sommet. Tous les autres pays étaient représentés par leur chef d’État ou de gouvernement.
En marge du sommet, Hashim Thaçi a assuré Euractiv de l’amitié du Kosovo pour l’Espagne. « Nous respectons la tradition démocratique et l’intégrité territoriale de l’État espagnol », a-t-il expliqué. « Nous comprenons que cette question soit sensible pour l’Espagne et continuerons d’entretenir des relations amicales. Tôt ou tard, nous serons tous membres de la même grande famille. »
Avant que le Kosovo puisse accéder au statut d’État candidat à l’adhésion, et avant l’adhésion de la Serbie, qui pourrait avoir lieu d’ici 2025, Priština et Belgrade devront résoudre leurs différends. Paradoxalement, les dirigeants serbes, qui ne reconnaissent évidemment pas le Kosovo, n’ont pour leur part eu aucun problème à discuter avec ses représentants.