Kosovo : l’ambassade américaine confirme la légalité du référendum sur la révocation des maires albanais, boycotté par les Serbes
L’ambassade américaine au Kosovo a déclaré que le référendum sur la révocation des maires albanais dans des municipalités à majorité serbe s’est déroulé en toute légalité et que les maires resteront en place, les Serbes ayant boycotté le vote.
L’ambassade des États-Unis au Kosovo a déclaré que le référendum sur la révocation des maires d’origine albanaise dans quatre municipalités du nord à majorité serbe s’est déroulé en toute légalité et que les maires resteront en place, les Serbes ayant choisi de boycotter massivement le vote.
En décembre 2022, les Serbes du Kosovo ont démissionné en masse des institutions gouvernementales kosovares, y compris de toutes les structures locales. De nouvelles élections ont été organisées, mais les Serbes ont choisi, sous l’impulsion du parti politique Liste serbe et à la demande de Belgrade, de les boycotter. Au terme de ces élections, des maires albanais ont été élus dans quatre municipalités du nord à majorité serbe avec un taux de participation de 3,4 % seulement.
Les Serbes ont alors organisé des manifestations pour empêcher les maires nouvellement élus de prendre leurs fonctions dans les municipalités locales. Lorsque le Kosovo a réagi à ces manifestations en renforçant la présence policière, les protestations se sont soldées par des violences et des blessés parmi les troupes de maintien de la paix de la Force pour le Kosovo (KFOR) de l’OTAN, les journalistes et les citoyens notamment.
Les Serbes ont depuis demandé la révocation des maires albanais, soutenus par les appels de l’Union européenne et des États-Unis à organiser un nouveau vote. Le Kosovo a donc annoncé la tenue d’un référendum qui permettrait à la commission électorale centrale de convoquer de nouvelles élections locales.
Mais la Liste serbe a annoncé qu’elle boycotterait également ce référendum, et la pression s’est accrue sur la minorité serbe pour qu’elle ne participe pas au vote, bien qu’elle l’ait réclamé pendant près d’un an.
Résultat : seul environ 1 % de la population a voté dans les quatre municipalités concernées, à savoir Mitrovicë Nord, Zvečan, Zubin Potok et Leposavić.
« Les électeurs n’ont pas décidé de révoquer les maires. Les maires en place ont été élus et restent à leur poste conformément au cadre juridique du Kosovo », a indiqué l’ambassade américaine à Pristina dans un communiqué.
« Nous regrettons qu’ils [la Liste serbe] n’aient pas […] pleinement utilisé les moyens démocratiques mis à leur disposition par la loi kosovare pour faire progresser une démocratie efficace et représentative. »
L’ambassade a également déclaré à la Gazeta Express que le vote s’était déroulé conformément aux exigences légales du Kosovo, au cadre juridique et à la Commission électorale centrale du Kosovo.
Sanctions occidentales
Le Premier ministre Albin Kurti a déclaré dimanche (21 avril) aux journalistes que « le nombre de personnes qui appellent à la démission de votre président [Aleksandar Vučić] dépasse de loin celui des personnes qui appellent à la démission de nos maires dans le nord du Kosovo ».
Sur son compte X, il a indiqué qu’un an après les élections locales organisées dans le nord, qui avaient abouti à l’élection de maires avec un faible taux de participation, un nouveau vote avait été organisé et que chaque étape du processus visant à rendre le vote possible avait été prise en charge par le gouvernement.
Il a poursuivi : « Le vote a été boycotté. Par conséquent, le seuil minimum légal pour la révocation des maires n’a pas été atteint. Néanmoins, le climat général était pacifique, et nous en remercions nos citoyens ».
« Nous espérions un autre résultat, mais le Kosovo a rempli ses obligations », a-t-il déclaré, faisant référence aux demandes de l’Occident d’organiser un nouveau vote.
La présidente du Kosovo, Vjosa Osmani, a déclaré que les citoyens avaient eu la possibilité de voter, mais qu’ils avaient choisi de ne pas profiter de cette opportunité en raison de la pression exercée par la Serbie.
« Cela est principalement dû aux pressions de Belgrade, exercées par la Liste serbe et des structures criminelles illégales. Une fois de plus, la Serbie s’est immiscée illégalement dans le processus électoral d’un autre pays. Une fois de plus, [Aleksandar] Vučić a violé sa promesse faite à ses partenaires internationaux », a-t-elle expliqué.
Elbert Krasniqi, ministre des collectivités locales, a demandé à l’UE de lever les sanctions imposées au Kosovo à la suite de l’escalade des tensions l’été dernier. L’une des demandes formulées par Bruxelles était d’organiser un nouveau vote dans les quatre municipalités, et pour le ministre, le Kosovo a respecté cette demande.
« Nous avons fourni l’infrastructure et la possibilité aux citoyens d’exprimer leur volonté démocratique. La Liste serbe et Belgrade, en revanche, ont une fois de plus ordonné le boycott du processus de vote dans les quatre municipalités du nord, malgré les appels de la communauté internationale à ne pas agir de la sorte », a-t-il soutenu.
La Liste serbe, dont l’ancien vice-président Milan Radoičić est recherché par Interpol pour avoir reconnu avoir dirigé l’« attaque terroriste » du 24 septembre dans le nord du Kosovo, a déclaré que le vote n’était qu’une mise en scène.
« Nous voulons réaffirmer clairement que nous étions tout à fait disposés à participer à ce processus pour revenir sur le passé et remplacer ces faux maires dans nos municipalités, mais nous ne voulions pas nous prêter aux jeux du régime de Pristina », a-t-il déclaré par voie de communiqué.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]