L’abandon du nucléaire par l’Allemagne n’entraînera pas de "blackout"

Le commissaire européen à l’énergie Günther Oettinger a indiqué que le pays exporterait beaucoup moins d’électricité. Mais les consommateurs ne devraient pas être touchés.

EURACTIV.fr

Le commissaire européen à l’énergie Günther Oettinger a indiqué que le pays exporterait beaucoup moins d’électricité. Mais les consommateurs ne devraient pas être touchés.

La sortie du nucléaire en 2022, décidée par l’Allemagne à la fin du mois de mai, n’a pas fini de générer des réactions. 

Vendredi 10 juin, à l’issue de la réunion des ministres européens de l’Energie à Luxembourg, le commissaire Günther Oettinger s’est pourtant voulu rassurant. L’arrêt immédiat de huit réacteurs allemands ne déséquilibrera pas le marché européen de l’énergie et ne fera pas grimper les prix de l’approvisionnement. Mais l’Allemagne exportera beaucoup moins d’électricité, a-t-il indiqué.

« Peu d’impact »

« Les huit réacteurs qui vont être arrêtés représentent 10% du marché allemand de l’électricité et moins de 3% du marché européen », a souligné le commissaire.  

« L’année dernière, l’Allemagne a produit beaucoup plus d’électricié qu’elle n’en a consommé. La fermeture de ces huit réacteurs va réduire sa capacité d’exportation, mais aura peu d’impact pour les consommateurs », a-t-il déclaré sans donner plus de détails.

Si la situation semble rassurante pour les consommateurs, les acteurs du marché électrique sont beaucoup plus inquiets.

Equilibres

L’Allemagne est au centre de l’Europe et son marché électrique est le plus grand de l’UE. « Sa sortie du nucléaire a de quoi inquiéter ses voisins de l’est et de l’ouest », a reconnu le commissaire.

D’autant plus que l’Italie, autre partenaire important, pourrait elle aussi mettre fin à la production de cette énergie. Un référendum est organisé sur ce sujet lundi 13 juin et les enquêtes d’opinion annoncent une majorité de voix favorables à l’arrêt du nucléaire.

Cependant, le ministre hongrois de l’Energie Tamas Fellegi, qui présidait la réunion, s’est voulu rassurant. « Il ne faut pas tirer trop vite de conclusions. Annoncer des black-outs électriques c’est aller trop vite en besogne », a-t-il déclaré.

L’UE devra se tourner vers d’autres acteurs pour rééquilibrer son marché électrique. « La Russie, qui fournit 520 milliards de m3 de gaz à l’UE chaque année, va devenir un partenaire indispensable, et pour cette raison il faut diversifier les sources et les routes d’approvisionnement », a expliqué Günther Oettinger .

Ces problématiques sont inscrites à l’ordre du jour de la prochaine réunion des ministres de l’Energie, prévue à l’automne 2011. A cette occasion, la Commission présentera d’ailleurs les résultats de sa consultation sur sa feuille de route pour l’énergie dans l’UE d’ici 2050.