L' Afrique subsaharienne "en bonne voie" pour atteindre les Objectifs du millénaire

Le rapport de l'ONG de lutte contre la pauvreté ONE note d'"excellents progrès" dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne. Les engagements de dépenses d'éducation, de santé et vers l'agriculture ne sont que partiellement tenus.

EURACTIV.fr

Le rapport de l’ONG de lutte contre la pauvreté ONE note d' »excellents progrès » dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne. Les engagements de dépenses d’éducation, de santé et vers l’agriculture ne sont que partiellement tenus.

Passée au crible des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), définis en 2000 au niveau mondial, l’Afrique subsaharienne est le continent le plus en retard dans la lutte contre la pauvreté.

Le bilan ne mérite pas moins d’être affiné. L’ONG de développement ONE a publié, mercredi 29 mai, un rapport sur les progrès réalisés dans la région, pays par pays. 

Les Etats africains disposent désormais leurs propres moyens financiers. Depuis 12 ans, « les ressources domestiques des pays d’Afrique subsaharienne ont quadruplé et elles représentent aujourd’hui 78 % du total des ressources disponibles, suivies par l’APD (9 %), les IDE (8 %) et les transferts d’argent de la diaspora (5 %) », souligne le rapport.

RDC et Zimbabwe en retard

Aujourd’hui, « la moitié des pays sont totalement ou partiellement sur la voie d’atteindre cinq des huit cibles OMD », note le rapport.

Le Rwanda, l’Ouganda, l’Ethiopie, le Burkina Faso et le Bénin affichent les meilleurs résultats, selon la classification de One.

En revanche, la République démocratique du Congo et le Zimbabwe sont en queue de peloton. Leurs indicateurs, établis par l’ONG, suggèrent que ces pays ne tiennent dans aucun domaine le rythme de progression requis par les Nations Unies. 

Tenir les 190 milliards d’engagements

Les pays qui progressent le moins vite sont « riches en ressources », mais leur transparence budgétaire est « nulle ou limitée », note le rapport, qui mentionne notamment les cas du Nigeria, de la RDC, du Tchad ou du Zimbabwe.

Inversement, les pays dotés de « systèmes budgétaires efficaces » et qui consacrent leurs dépenses publiques à des secteurs clés, à savoir l’éducation, la santé et l’agriculture, contribuent à améliorer les conditions de vie de leur population.

« La croissance économique n’est pas autant corrélée avec la réduction de la pauvreté qu’elle le pourrait », constatent les auteurs.

Pour l’ONG, la solution est de rappeler aux pays africains leurs engagements internationaux. Ainsi, « au total, 190 milliards d’euros pourraient être mobilisés entre 2013 et 2015 pour ces secteurs », selon les calculs du rapport.

Agriculture délaissée 

Si la santé et l’éducation sont des secteurs largement pourvus, le rapport note qu’en 2011, « neuf pays, sur les dix-neuf analysés, ont en fait réduit leurs dépenses agricoles par rapport à la période 2003-2009 ». 

Une évolution « alarmante », qui « montre un leadership insuffisant de la part de certains gouvernements africains pour développer le secteur de l’agriculture. »

Conscients de ce problème, les bailleurs de fonds ont lancé une initiative, en 2009 lors du sommet de l’Aquila sur la sécurité alimentaire. Sur les 16 milliards d’euros programmés, seule la moitié des fonds a été décaissée.