L’aggravation de la crise économique déclenche des émeutes en Lettonie [FR]

Alors qu’hier (31 janvier), le président letton Valdis Zatlers prenait la parole à la session plénière du Parlement européen, des manifestations sur l’aggravation de la crise économique ont rassemblé des milliers de personnes dans la capitale, Riga, et ont dégénéré en émeutes.

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Alors qu’hier (31 janvier), le président letton Valdis Zatlers prenait la parole à la session plénière du Parlement européen, des manifestations sur l’aggravation de la crise économique ont rassemblé des milliers de personnes dans la capitale, Riga, et ont dégénéré en émeutes.

Près de 10 000 personnes sont descendues dans la rue, exigeant un remaniement de la scène politique. Les protestations ont dégénéré quand plusieurs centaines de jeunes hommes se sont confrontés à la police, ont cassé des fenêtres et ont renversé des voitures. La police a répondu avec du gaz lacrymogène et les a chargés avec des bâtons. 

Ces actes, les plus violents en Lettonie depuis août 1991, lorsque le pays a gagné l’indépendance de l’ex-Union soviétique, sont considérés comme une conséquence directe de la crise économique mondiale, qui a touché sévèrement le pays balte. En décembre dernier, la Lettonie a reçu un ensemble d’aides d’une valeur de 7,5 milliards d’euro, coordonné par le FMI, mais la situation économique ne cesse de s’aggraver. 

L’économie de la Lettonie, qui est entrée dans l’UE en 2004, a été l’une des économies européennes qui prospéraient le mieux, mais le destin a fait volte-face de manière spectaculaire. En effet, l’économie lettone devrait reculer de 5  % cette année. 

Beaucoup rejettent la faute sur le gouvernement de centre-droit du Premier ministre Ivars Godmanis. Par ailleurs, le président Valdis Zatlers a intensifié les critiques à l’égard du gouvernement ces derniers mois, mais il n’est pas allé jusqu’à menacer de dissoudre la législature. 

Ces derniers mois, l’opinion publique a demandé à plusieurs reprises de se voir accorder le droit constitutionnel lui permettant de dissoudre le Parlement par le biais d’un référendum.

En outre, M. Zlaters a reconnu que la crise financière mondiale avait violemment touché la Lettonie. 

Malheureusement, nous nous réveillons trop tard, a indiqué M. Zlaters. Nous avons constaté que le désordre financier était un obstacle sur notre chemin, mais il était trop tard pour l’éviter, a-t-il ajouté. Il a été dit que la Lettonie subissait actuellement l’une des plus terribles opérations de secours d’un système financier dans l’histoire de l’Europe moderne, a déclaré M. Zladers aux eurodéputés. 

Les eurodéputés accusent la Lettonie de discrimination linguistique

Parallèlement, l’eurodéputée lettone Tatjana Zdanoka a profité du discours de son président pour mettre l’accent sur l’intensification de la discrimination contre la langue russe en Lettonie.

Arborant un T-shirt avec le slogan « Halte aux répressions linguistiques », Mme Zdanoka a invectivé M. Zatlers pour son soutien aux législations ouvertement discriminantes envers les russophones, c’est-à-dire un tiers de la population de la Lettonie.

Avec le soutien actif du président Zatlers, les russophones sont exclus de nombreux emplois et des services du gouvernement, a-t-elle souligné. Ceci est moralement répréhensible, mais également une folie économique au vu des défis que nous affrontons actuellement, a-t-elle ajouté.

Récemment, le Conseil de l’Europe a critiqué violemment la Lettonie pour son incapacité à conférer à des « non-citoyens » (résidents lettons d’ethnies russes) un droit de vote pour les élections locales (EURACTIV 03/01/09). 

Avec la contribution d’agences