L'Allemagne pousse l'Espagne à accepter une aide
L'Espagne a annoncé qu'elle était en train de perdre son accès aux marchés du crédit et elle a appelé ses partenaires européens à l'aide pour redresser son secteur bancaire. Ce signal de détresse ne manquera pas d'intensifier les pressions du reste du monde sur l'Europe pour qu'elle réagisse plus rapidement et aide sa quatrième économie.
L'Espagne a annoncé qu'elle était en train de perdre son accès aux marchés du crédit et elle a appelé ses partenaires européens à l'aide pour redresser son secteur bancaire. Ce signal de détresse ne manquera pas d'intensifier les pressions du reste du monde sur l'Europe pour qu'elle réagisse plus rapidement et aide sa quatrième économie.
Madrid a affirmé que ses coûts d'emprunt étaient devenus prohibitifs en raison de la crise qui frappe son secteur bancaire. La nouvelle est tombée alors que le G7, craignant des retraits massifs dans les banques espagnoles, menait des discussions sur la zone euro.
« La prime de risque empêche l'Espagne d'avoir accès aux marchés », a déclaré Cristobal Montoro, le ministre espagnol du trésor. « Cette prime de risque signifie qu'en tant qu'Etat, nous avons des problèmes à accéder aux marchés, alors que nous devons refinancer notre dette. »
La Banque centrale européenne pourrait indiquer aujourd'hui (6 juin) sa volonté de faire bientôt baisser les taux, mais cette mesure ne devrait pas s'accompagner d'initiatives immédiates pour enrayer la crise.
L'Espagne serait le dernier pays de la zone euro sous pression à accepter une aide internationale après la Grèce, l'Irlande et le Portugal en deux ans de crise de la dette (voir « Contexte »).
Le pays souffre d'une crise du secteur bancaire déclenchée par l'éclatement d'une bulle immobilière et aggravée par les dépenses excessives de ses régions autonomes.
Une éminente source européenne du G7, qui a souhaité rester anonyme en raison de la nature confidentielle de la conférence téléphonique d'hier, a confirmé que l'Allemagne faisait pression sur l'Espagne pour qu'elle accepte une aide internationale dans le but de recapitaliser ses banques en difficulté.
« Ils ne veulent pas. Ils sont trop fiers. Ils font preuve d'un orgueil démesuré », a ajouté cette source.
Berlin et la Banque centrale européenne continuent de refuser que Madrid reçoive de l'aide sans subir l'humiliation d'un renflouement international impliquant des mesures de supervision invasives.
Selon M. Montoro, les banques espagnoles devraient être recapitalisées via des mécanismes européens. Il se détache ainsi de la position du précédent gouvernement qui affirmait que l'Espagne pourrait lever des fonds sans l'aide de personne.
Le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a confirmé que Madrid n'avait pas demandé l'assistance de l'UE, mais d'autres sources ont expliqué que beaucoup de choses dépendraient de l'audit indépendant des besoins en capitaux des banques espagnoles. La première phase de l'audit devrait se terminer ce mois-ci.
Des sources à Berlin et à Bruxelles ont démenti les affirmations publiées par le quotidien allemand Die Welt, selon lequel les fonctionnaires européens envisageaient d'offrir à l'Espagne une ligne de crédit de précaution via le fonds de sauvetage de l'Union d'ici la mi-juin.
Deux sources du gouvernement espagnol avaient par ailleurs affirmé que Madrid n'avait pas besoin et ne souhaitait pas obtenir une telle ligne de crédit.