L’Allemagne se rapproche du forage controversé de gaz de schiste
L’Allemagne, qui lutte afin de trouver des ressources énergétiques pour remplacer l’énergie nucléaire, a franchi une étape supplémentaire vers l’autorisation de l’exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique, une pratique contestée par l’opposition et l’opinion publique.
L’Allemagne, qui lutte afin de trouver des ressources énergétiques pour remplacer l’énergie nucléaire, a franchi une étape supplémentaire vers l’autorisation de l’exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique, une pratique contestée par l’opposition et l’opinion publique.
Le gouvernement d'Angela Merkel a rendu public le 26 février un projet loi autorisant l'exploitation de gaz de schiste par fracturation, toutefois soumis à certaines conditions.
La fracturation implique l'injection de grandes quantités d'eau et de produits chimiques sous haute pression dans des trous de forage. Grâce au forage vertical, les formations rocheuses sont fracturées et le gaz de schiste libéré.
Ce projet de loi introduit des mesures de protection de l'environnement en interdisant la fracturation dans les zones protégées et situées près de sources minérales. Cette interdiction s'appliquerait à 14 % du territoire allemand. Des études d'impact sur l'environnement seront en outre obligatoires pour chaque projet.
Les restrictions proposées ne rassureront guère les opposants à la fracturation. Les Verts et les sociaux-démocrates réclament un moratoire sur l'exploitation de gaz de schiste, en attendant que l'on découvre de meilleures techniques. La fracturation est un sujet controversé d'un point de vue politique et environnemental en amont des élections nationales du 22 septembre.
Dans le même temps, les milieux industriels allemands font pression sur le gouvernement afin d'exploiter au plus vite cette ressource, qui stimulerait l'économie selon eux. Les États-Unis ont enregistré une hausse de la production en partie en raison de l'énergie peu coûteuse produite à partir du gaz de schiste.
>> Lire : L’UE redoute la hausse de l’exploitation du gaz de schiste aux États-Unis
Le géant allemand des produits chimiques BASF est en faveur d'un cadre réglementaire juridique sur la fracturation en Allemagne. Son directeur général, Kurt Bock, a qualifié la décision du gouvernement d'« importante » et espère qu'elle donnera lieu à un débat plus objectif, selon le Financial Times.
Le sous-sol allemand compterait jusqu'à 2 300 milliards de mètres cubes (mmc) de gaz de schiste. L'Allemagne consomme quelque 86 mmc par an, dont environ la moitié est importée de Russie.
Le gaz de schiste semble constituer un élément essentiel du débat sur le bouquet énergétique allemand. En 2011, l'Allemagne a décidé de fermer toutes ses centrales nucléaires d'ici 2022. Le pays tente donc péniblement d'étendre l'énergie renouvelable et de trouver d'autres sources d'énergie.
Cependant, la construction de nouvelles lignes à très haute tension pour relier les éoliennes de la mer du Nord aux bassins industriels du centre et du sud du pays a donné lieu à une opposition et à des litiges.
Plusieurs États membres de l'UE soutiennent l'exploration du gaz de schiste, bien qu'à des degrés différents. À l'autre extrémité, la Bulgarie et la France s'opposent farouchement à l'exploration du gaz de schiste.