L'Autriche envisage un référendum sur la Turquie, Ankara ne cille pas

L'Autriche a déclaré qu'elle envisageait d'organiser un référendum sur l'adhésion de la Turquie à l'UE, même si le candidat clôture avec succès ses négociations d'adhésion. Cette déclaration n'a apparemment pas impressionné Ankara. Un reportage d'EURACTIV Turquie.

Turkey mosque flag.jpg
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L'Autriche a déclaré qu'elle envisageait d'organiser un référendum sur l'adhésion de la Turquie à l'UE, même si le candidat clôture avec succès ses négociations d'adhésion. Cette déclaration n'a apparemment pas impressionné Ankara. Un reportage d'EURACTIV Turquie.

L'Autriche organisera un référendum national sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, et ce peu importe le résultat des discussions entre Bruxelles et Ankara, a déclaré le chancelier autrichien, Werber Faymann, mardi (3 mai).

Cette nouvelle a été annoncée à l'occasion d'une visite du président turc Abdullah Gül en Autriche. « Même dans le cas d'une décision positive après les négociations entre l'UE et la Turquie, nous organiserons un référendum en Autriche sur ce sujet », a affirmé M. Faymann, cité dans le quotidien turc Hürriyet.

Le chancelier autrichien a ajouté que pour que la Turquie rejoigne l'Union des 27, des valeurs fondamentales, telles que la liberté d'expression, les droits de l'Homme, la participation démocratique et la liberté de la presse devaient inconditionnellement prédominer.  

Selon plusieurs sondages de l'Eurobaromètre, l'Autriche est l'Etat membrele plus turcosceptique de l'UE. De nombreux Autrichiens pensent que les 200 000 immigrés turcs ne se sont pas bien intégrés dans leur pays. L'Autriche se targue également d'avoir arrêté l'avancée à l'ouest de l'empire Ottoman aux portes de Vienne en 1683, un exploit en réalité réalisé par le roi polonais Jan III Sobieski.

Commentant la déclaration de M. Faymann, M. Gül a affirmé que la Turquie organiserait également un référendum sur son adhésion à l'UE. Après avoir adopté la législation européenne, la population turque décidera si le pays rejoindra l'Union ou pas, a-t-il dit.

« Nous ne savons pas, mais peut-être que la population turque voudra un référendum et ensuite dire « non » à l'UE comme l'a fait la Norvège », a déclaré M. Gül.

La Norvège a clôturé ses négociations d'adhésion au début des années 1990, en même temps que l'Autriche, la Suède et la Finlande, mais ses citoyens ont rejeté l'adhésion à l'UE en 1994.

Un référendum risqué

L'idée d'organiser des référendums parallèles sur l'adhésion de la Turquie, à la fois dans le pays candidat et dans les pays de l'UE qui le souhaitent, n'est pas nouvelle.

Egemen Ba???, le principal négociateur de la Turquie à l'UE, a laissé entendre en septembre dernier qu'avant qu'un tel scénario ne se réalise, l'intérêt de l'Occident pour l'adhésion de la Turquie pourrait être plus grand que l'appétit d'Ankara pour une adhésion à l'UE.

« Le jour où nous terminerons nos négociations, nous ne serons plus la Turquie d'aujourd'hui, tout comme la Turquie d'aujourd'hui n'est plus celle d'il y a 51 ans lorsque nous avons postulé pour la première fois. Et je ne sais pas ce que décidera la nation turque. Et je ne sais pas ce que les populations de certains Etats membres décideront », a expliqué M. Ba???.

Toutefois, le président de la Fondation pour le développement économique, le professeur Haluk Kabaalio?lu, s'est dit inquiet quant aux déclarations de M. Faymann.

La Turquie veut toujours est être membre de l'Union, mais l'Union doit aussi exprimer son soutien à la Turquie, a-t-il argué.