L’économie domine la première visite d’Enrico Letta à Bruxelles

Le nouveau premier ministre italien, Enrico Letta, est arrivé à Bruxelles hier soir (1er mai) à l’occasion d’une mission de deux jours dans la capitale européenne. La situation économique et politique sera au cœur des discussions.

EURACTIV.com / Reuters
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Le nouveau premier ministre italien, Enrico Letta, est arrivé à Bruxelles hier soir (1er mai) à l’occasion d’une mission de deux jours dans la capitale européenne. La situation économique et politique sera au cœur des discussions.

 

Le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a déclaré mercredi que l'Union européenne soutenait les efforts d'Enrico Letta qui visent à stimuler l'économie italienne, mais que les finances publiques devraient être assainies.

M. Letta a plaidé en faveur de la fin de l'austérité tout en s'engageant à respecter les objectifs budgétaires de l'Union européenne.

« Le premier ministre m'a fait part des éléments principaux du programme de son gouvernement, en particulier des mesures qu'il compte introduire afin de relancer la croissance économique pour rendre l'Italie plus concurrentielle et de lutter contre la situation difficile dans le domaine social et de l'emploi », a déclaré M. Van Rompuy dans un communiqué à l'issue de leur réunion à Bruxelles.

« J'ai répété que l'UE aidera toujours l'Italie dans la poursuite de notre engagement commun à surmonter la crise économique et à promouvoir la croissance et l'emploi ainsi que dans l'utilisation complète de la souplesse existante tout en maintenant des finances publiques saines comme objectif clé. »

Berlin reste ferme sur l'objectif de déficit

Lors d'un déplacement à Berlin mardi (30 avril), M. Letta a déclaré que son gouvernement respecterait ses engagements budgétaires, mais attendait de l'Europe qu'elle abandonne sa litanie sur l'austérité et qu'elle prenne davantage de mesures afin de relancer la croissance.

À Berlin pour sa première mission à l’étranger depuis son entrée en fonction, Enrico Letta a prévenu que les élections italiennes de février, théâtre d'une montée en puissance de partis opposés à l'Union européenne, révélaient la nécessité d'un changement de cap.

« Le message véhiculé par l'électorat italien ne devrait pas être sous-estimé », a-t-il déclaré aux côtés de la chancelière allemande, Angela Merkel, lors d'une conférence de presse.

Angela Merkel, que plusieurs pays du sud comme l'Espagne, la Grèce et l'Italie, considèrent comme la chef de file des mesures d'austérité de plus en plus impopulaires, a adopté un ton conciliant. Elle a déclaré que « la consolidation budgétaire et la croissance ne devaient pas être contradictoires ».

« Le déficit ou les taux de croissance ne constituent pas l'objectif. [Il s'agit] plutôt que les gens retournent travailler », a-t-elle déclaré.

La coalition de M. Letta (46 ans) s'appuie sur une alliance fragile entre son Parti démocrate (PD) de centre-gauche et le parti du Peuple de la liberté (PDL) de centre-droit de Silvio Berlusconi. Le premier ministre italien a rejoint l'appel grandissant en Europe en faveur de la fin de l'austérité.

« Nous avons fait et continuerons à faire tout ce qu'il faut pour assainir nos finances, mais nous estimons que l'Europe doit poursuivre des politiques en faveur de la croissance », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu'il fallait promouvoir des investissements productifs tout en autant qu'une consolidation budgétaire.

Négocier une marge de manœuvre budgétaire

M. Letta, qui a obtenu le vote de confiance dans sa nouvelle coalition gouvernementale mardi (30 avril), subit déjà la pression de ses partenaires afin de négocier une marge de manœuvre budgétaire pour Rome auprès des autres États membres de l'UE.

Il est cependant confronté à l'opposition de l'Allemagne, qui organisera des élections fédérales en septembre. Les Allemands sont très favorables à la réduction des dépenses de pays très endettés comme l'Italie.

Même avant le vote de confiance au Sénat mardi, Silvio Berlusconi a menacé de retirer le PDL de la coalition de M. Letta si ce dernier n'abolissait pas la taxe impopulaire sur la résidence principale.

Le nouveau premier ministre italien s'est rendu à Paris mercredi (1er mai) et a reçu un accueil plus sympathique auprès du président français, François Hollande, qui plaide également en faveur d'un passage à la croissance.

À Bruxelles, Enrico Letta rencontrera le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, jeudi (2 mai).