L’Eglise veut être la voix des pauvres dans les négociations mondiales sur le climat [FR]
Au sommet des Nations Unies à New York cette semaine, les dirigeants de l’Eglise catholique vont appeler les nations riches à contribuer à hauteur de 150 milliards de dollars par an afin d’aider le monde en développement à faire face aux conséquences dévastatrices du changement climatique, a affirmé lors d’un entretien avec EURACTIV le cardinal Keith O’Brien, archevêque de St. Andrews et Edimbourg.
Au sommet des Nations Unies à New York cette semaine, les dirigeants de l’Eglise catholique vont appeler les nations riches à contribuer à hauteur de 150 milliards de dollars par an afin d’aider le monde en développement à faire face aux conséquences dévastatrices du changement climatique, a affirmé lors d’un entretien avec EURACTIV le cardinal Keith O’Brien, archevêque de St. Andrews et Edimbourg.
Le cardinal O’Brien sera à la tête d’une délégation de hauts responsables ecclésiastiques, d’organisations caritatives et d’experts climatiques au sommet des Nations unies sur le climat qui se déroule cette semaine à New York. Il demandera aux dirigeants mondiaux de s’engager personnellement à assister à la conférence CNUCC sur le climat en décembre à Copenhague dans le but de négocier un nouveau traité « équitable et contraignant » sur le climat, a déclaré l’archevêque.
Pour le moment, les échanges sur le nouvel accord mondial en matière de changement climatique sont dominés par les pays riches et pollueurs, a-t-il affirmé. Il a ajouté qu’il fallait trouver la volonté politique nécessaire pour offrir l’espoir d’un accord, alors que les engagements actuels des pays développés en termes de réduction d’émissions ainsi que le soutien financier apporté aux pays pauvres sont loin d’atteindre ce qui est nécessaire.
Le cardinal a averti que le travail effectué par les organisations religieuses de développement ne suffira pas, et que l’ampleur de la pauvreté dans le monde et le rôle majeur que joue le changement climatique en l’attisant demande une réponse mondiale des gouvernements. Etant donné que les nations industrialisées sont à l’origine du problème du changement climatique en raison de leur utilisation à grande échelle des ressources naturelles en vue d’un profit économique, elles ont une obligation morale sans équivoque d’aborder les problèmes créés par leurs actions, a-t-il ajouté.
Voilà pourquoi nous appelons les pays riches à apporter 150 milliards de dollars supplémentaires pour aider les sociétés à s’adapter aux nouveaux défis liés au changement climatique auquel ils font face et à trouver de nouvelles options de développement durable, a-t-il dit.
Le cardinal a expliqué que l’Eglise pouvait donner une voix aux plus pauvres et pousser les décideurs politiques à tenir compte des « terrible conséquences » que les pays en développement affronteront s’ils échouent à agir contre le changement climatique. Aux Etats-Unis, par exemple, il a mis en évidence que l’Eglise pouvait aider à influencer les sénateurs afin de renforcer le projet de proposition de loi sur le climat et assumer le leadership lors des négociations internationales.
La foi chrétienne joue un rôle majeur dans la société américaine, a-t-il souligné. Nous espérons sincèrement que les sénateurs américains et le gouvernement entendront nos voix.
En voyage à l’étranger, de l’Inde en passant par le Salvador, la République démocratique du Congo et la Birmanie, M. O’Brien a déclaré qu’il avait remarqué la vulnérabilité des communautés plus pauvres, très dépendantes de l’agriculture, aux modifications des modèles météorologiques saisonniers. Il a souligné que les agriculteurs ne savaient plus quand planter leurs cultures et il a mentionné plusieurs inondations et sécheresse sévères qui détruisent leurs récoltes.
Il saute aux yeux que les communautés pauvres ne disposent ni de l’infrastructure ni des ressources pour faire face à un temps plus rigoureux ou à des catastrophes naturelles, a-t-il ajouté.
Le cardinal a déclaré avoir constaté les énormes différences apportées les silos de collecte d’eau de pluie en Inde, au Cambodge et en Birmanie, en aidant les villages à stocker de l’eau et à l’utiliser lors des sécheresses. De plus, de simples systèmes d’irrigation et des projets pionniers expérimentant différents types de céréales résistant aux sécheresses ont contribué à améliorer les vies de nombreuses personnes, a-t-il ajouté.
Mais l’archevêque a averti que l’ampleur du problème signifie que les nations riches doivent fournir un financement supplémentaire pour en faire bénéficier davantage de communautés.
Le cardinal O’Brien s’entretenait avec Susanna Ala-Kurikka.
Pour lire l’intégralité de cet entretien, cliquez ici.