L’embargo européen sur le phoque crispe les relations commerciales avec le Canada [FR]

Mardi a vu un choc frontal entre l’Union européenne et le Canada, après le vote par les législateurs européens d’une interdiction des importations de produits dérivés du phoque dans le bloc des Vingt-sept : cela a poussé Ottawa à agiter la menace d’une action en justice devant la plus haute cour de commerce mondiale.

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Mardi a vu un choc frontal entre l’Union européenne et le Canada, après le vote par les législateurs européens d’une interdiction des importations de produits dérivés du phoque dans le bloc des Vingt-sept : cela a poussé Ottawa à agiter la menace d’une action en justice devant la plus haute cour de commerce mondiale.

Si l’interdiction adoptée par le Parlement européen omet d’exempter une chasse aux phoques humaine et durable, le Canada a juré de déposer plainte devant l’Organisation mondiale du commerce, le gardien du commerce mondial.

Si l’UE impose un embargo commercial sur les produits dérivés du phoque, il doit comporter des exemptions pour tout pays qui, comme le Canada, a mis en place des lignes de conduites strictes pour une pratique humaine et durable de la chasse au phoque, a déclaré le ministre canadien du Commerce, Stockwell Day. 
En l’absence d’une telle exemption, le Canada contestera l’interdiction devant l’Organisation mondiale du commerce.

Le Canada, le Groenland et la Namibie représentent environ 60 % des 900 000 phoques tués chaque année. Le reste est abattu en Islande, en Norvège, en Suède, en Finlande, en Bretagne et aux Etats-Unis.

D’habitude, les animaux sont abattus d’un coup de feu ou frappés sur la tête à coup de « hakapik », un gourdin muni d’une pointe. Les produits dérivés du phoque comprennent la fourrure utilisée pour les vêtements et l’huile utilisée comme suppléments vitaminés.

La Commission européenne – qui supervise la politique commerciale européenne – a déclaré qu’il revenait au Canada de décider « des mesures à prendre, mais que Bruxelles avait durement travaillé pour satisfaire aux règles de commerce de l’OMC.

Les institutions européennes se sont penchées sur les questions relatives à l’OMC et ont soigneusement écouté leurs partenaires, selon le porte-parole pour le commerce européen, Lutz Güllner. Il reste encore du travail sur la mise en application de la législation, comme la manière dont fonctionneront les exemptions. La législation adoptée au Parlement n’est pas discriminatoire. »

Négociations commerciales

L’UE le Canada se rencontrent mercredi à Prague, mais les diplomates ont affirmé que l’interdiction, qui touche le commerce à hauteur d’environ 4,2 millions d’euros (5,6 millions de dollars américains), n’empêcherait pas le lancement des discussion sur un pacte bilatéral d’une valeur d’au moins 27 milliards de dollars en commerce additionnel.

Les deux parties ont poliment convenu d’éviter d’aborder la question de l’embargo mercredi, a affirmé à Reuters un diplomate européen impliqué dans la préparation du sommet.

Selon ce dernier, cette question est très irritante pour le moment, et pourrait prendre des proportions plus importantes dans le futur. Mais les deux parties ont convenu pour le moment de ne pas la laisser empêcher les discussions dès le départ, a-t-il conclu.

Les quinze espèces de phoques qui sont l’objet de la chasse ne sont pas en danger, mais les responsables politiques européens ont exigé la prise de mesures à la découverte de la preuve, selon eux, que de nombreux animaux étaient écorchés toujours conscients. 

Une victoire pour les phoques

Les activistes pour les droits des animaux affirment que la chasse est inhumaine, et ont appelé le Parlement à voter en faveur des phoques. Nous sommes reconnaissants à l’Union européenne de refuser la cruauté, et reconnaissant à quiconque a travaillé si durement pour faire arriver ce jour, a déclaré Rebecca Aldworth de l’ONG Humane Society International.

Mais le Canada a défendu sa politique de chasse des phoques. Notre gouvernement tiendra tête pour les emplois et les communautés qui dépendent de la chasse au phoque, a déclaré le ministre canadien de la pêche, Gail Shea, ajoutant qu’ajouter une interdiction ruinerait les villes côtières qui comptent sur la chasse pour 25 à 35  %  de leur revenu annuel.

La décision sera finalisée après un vote au Conseil européen, qui représente tous les 27 Etats membres. Un accord préalable avait été atteint entre les législateurs au Parlement et au Conseil, ce qui signifie que le vote ne devrait être qu’une formalité.
La Commission européenne avait proposé une interdiction partielle allant de pair avec un étiquetage clair des produits, qui montrerait qu’ils sont faits de phoques massacrés, mais le Parlement a décidé que cela ne serait pas suffisant.

Il existe une exemption pour les produits dérivés du phoque provenant des chasses menées par le peuple inuit au Canada ou d’autres communautés indigènes. Mais les produits sont limités à l’usage personnel et ne peuvent être importé en Union européenne que pour des motifs non-commerciaux.

L’interdiction couvre tous les pinnipèdes, ce qui comprend les morses et les otaries. Elle entrera en vigueur dans quelques semaines, et les Etats européens doivent imposer des sanctions effectives pour les infractions.

(EURACTIV avec Reuters. Cet article a été traduit de l’anglais par EURACTIV)