L’Espagne et l’Italie sont à nouveau sous la surveillance des marchés

Hier (29 octobre), le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, n’a pas dévoilé aux marchés s’il demandera une ligne de crédit du fonds de sauvetage de la zone euro. Il a toutefois déclaré qu’il la demanderait « quand j’estimerai que ce sera dans les intérêts de l’Espagne ». Dans le même temps, le premier ministre italien, Mario Monti, fait face à une autre crise sur le soutien des groupes politiques au gouvernement.

EURACTIV.com / Reuters
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Hier (29 octobre), le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, n’a pas dévoilé aux marchés s’il demandera une ligne de crédit du fonds de sauvetage de la zone euro. Il a toutefois déclaré qu’il la demanderait « quand j’estimerai que ce sera dans les intérêts de l’Espagne ». Dans le même temps, le premier ministre italien, Mario Monti, fait face à une autre crise sur le soutien des groupes politiques au gouvernement.

 

Lors d'une conférence de presse conjointe à la suite des négociations à Madrid, M. Monti a expliqué qu'il était indispensable d'activer le programme d'achat d'obligations de la Banque centrale européenne pour venir en aide aux pays endettés, un indice sérieux qui indique que l'Espagne devrait franchir le pas puisqu'il a affirmé que l'Italie n'avait pas besoin d'un renflouement.

 

« Il est d'une importance capitale que cet instrument soit mis en pratique et qu'il ne reste pas théorique », a annoncé M. Monti.

 

Plus tôt ce mois-ci, il a expliqué que si l'Espagne demandait une ligne de crédit du fonds de sauvetage de la zone euro, nécessitant l'intervention de la BCE, cela calmerait les marchés financiers. 

 

Pendant que M. Rajoy maintenait l'ambiguïté, il a omis de mentionner les dernières demandes de détails supplémentaires sur le projet d'achat d'obligations de la BCE avant de prendre une décision.

 

« L'instrument existe et tout pays peut demander [de l'utiliser] s'il l'estime nécessaire. Je le ferai uniquement [le cas échéant]. », a-t-il déclaré. « Quand j'estime qu'il est dans les intérêts de l'Espagne de le demander, je le demanderai. Avant d'arriver à cette conclusion, je ne le ferai pas. »

 

Pendant le week-end, l'ancien premier ministre italien, Silvio Berlusconi, avait menacé de retirer son soutien au gouvernement de M. Monti et un parti contestataire dirigé par un humoriste a obtenu de bons résultats lors des élections régionales en Sicile. Cette situation met en exergue les risques politiques en Italie. 

 

M. Monti a dissipé les craintes sur la chute de son gouvernement réformiste composé de technocrates non élus en déclarant : « Je crois que la meilleure chose que nous puissions faire est de continuer à travailler avec, pour horizon, le printemps 2013 comme cela a toujours été notre intention. »

 

Les coûts d'emprunt de l'Italie ont chuté depuis juillet, en partie en raison de l'engagement de la Banque centrale européenne à acheter des quantités illimitées d'obligations si nécessaire en vue d'aider des États qui demandent de l'aide et acceptent des conditions strictes, dans l'espoir de voir M. Monti rester au pouvoir après les élections générales de l'année prochaine.   

 

Les rendements obligatoires de l'Italie et de l'Espagne ont augmenté lundi en partie à cause des doutes subsistant sur la récession qui touche les troisième et quatrième plus grandes économies de l'UE. L'Italie a cependant du débourser moins d'argent par rapport au mois précédent pour emprunter 8 milliards d'euros sur six mois.

 

L'euro a baissé à cause de doutes concernant la capacité de la Grèce, le pays qui a déclenché la crise de la dette en Europe, à conclure un accord sur de nouvelles mesures d'austérité et celle des prêteurs internationaux à rendre les énormes dettes soutenables.  

 

Un porte-parole du gouvernement allemand a refusé d'aborder toute nouvelle réduction de la dette grecque impliquant des créanciers publics, affirmant que la législation allemande ne permettait pas de telles diminutions.

 

La Banque centrale européenne a également refusé de subir des pertes sur ses importants avoirs d’obligations du gouvernement grec, déclarant que cette pratique est illégale.

 

Certains acteurs du marché s'inquiètent des signes montrés par M. Rajoy qui a presque épuisé l’emprunt de cette année et essaiera d'éviter de demander une ligne de crédit de précaution du fonds de sauvetage de la zone euro, le MES. 

 

Selon une source du gouvernement espagnol, M. Rajoy a tenu compte de l'amélioration des conditions du marché, dont certaines données macroéconomiques encourageantes et des progrès dans l'intégration de la zone euro comme des étapes vers un superviseur bancaire unique, mais il n'hésiterait pas à demander de l'aide si la situation se détériorait.

 

Pas besoin de renflouement

 

M. Monti a tenté d'inciter M. Rajoy à demander un plan de sauvetage lorsqu'ils se sont rencontrés au mois d'août, pensant que l'Italie bénéficierait indirectement d'un appui en faveur de l'Espagne, ont expliqué des diplomates européens à Reuters. Le Fonds monétaire international fait également pression sur Madrid pour que l’Espagne demande rapidement une ligne de crédit, selon ces diplomates.

 

En raison de la pression moins forte des marchés depuis que la BCE a annoncé sa politique d'achat d'obligations, M. Rajoy a moins d'intérêt à demander une aide. L'Allemagne, le plus grand contributeur au MES, continue à souligner que l'Espagne n'a pas besoin de renflouement.

 

M. Rajoy a repoussé la proposition de l'Allemagne d'un super commissaire européen disposant des compétences pour rejeter des budgets nationaux. Il a expliqué que cette proposition ne pourrait pas être prise séparément, mais seulement comme un élément de la négociation sur une union monétaire approfondie. Pour sa part, il n'est pas en faveur d'un tel projet.

 

« Nous adressons le message selon lequel nous sommes favorables à une intégration européenne plus poussée. Nous ne pouvons dire une chose puis son contraire sans dire où nous allons », a-t-il déclaré. « Dans le cadre d'un ensemble de mesures visant à renforcer l'union budgétaire, elle pourrait être envisagée.