L’Espagne obtient une année de répit pour remettre son budget à flot

Les ministres de la zone euro ont décidé ce matin (10 juillet) d'accorder une année de plus à l’Espagne pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit (jusqu'en 2014) en échange de nouvelles coupes budgétaires. Ils ont également défini les conditions du renflouement des banques espagnoles en difficulté.

EURACTIV.com
Eurogroup Juncker Schauble Nov 2011_Picnik.jpg
Eurogroup Juncker Schauble Nov 2011_Picnik.jpg

Les ministres de la zone euro ont décidé ce matin (10 juillet) d'accorder une année de plus à l’Espagne pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit (jusqu'en 2014) en échange de nouvelles coupes budgétaires. Ils ont également défini les conditions du renflouement des banques espagnoles en difficulté.

 

Ils devraient se réunir à nouveau d'ici la fin du mois pour finaliser et approuver la première tranche de 30 milliards d'euros du plan de renflouement des banques espagnoles (100 milliards d'euros au total).

 

Les ministres ont également décidé d'accorder à l'Espagne une année supplémentaire pour atteindre son objectif de déficit de 3 %. Madrid aura donc jusqu'en 2014 pour respecter ses engagements.

 

Lors de leur réunion, les ministres ont discuté d'un protocole d'accord qui régirait l'accord avec l'Espagne.

 

La question du MES en suspens

 

Le but est de « formaliser l'accord dans la seconde partie du mois, ce qui permettra un versement de 30 milliards d'euros d'ici la fin du mois », a déclaré Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe.

 

Les ministres ont confirmé à l'issue de la réunion que le Mécanisme européen de stabilité pourrait intervenir directement pour aider les banques espagnoles, à condition qu'un superviseur bancaire européen soit mis en place.

 

Ce point a été une source d'incertitude dans le sillage du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du mois dernier (29 juin) suite auquel la Finlande et les Pays-Bas se seraient dit non satisfaits de cette idée.

 

« Il est important de dire aux marchés financiers que lorsque nous disposerons d'un superviseur bancaire européen, un jour, [nous] envisagerons sans doute un accès direct pour que cela n'entre plus dans la dette des pays », a expliqué le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble.

 

Baptême du feu pour Chypre

 

Aujourd'hui (10 juillet), les ministres des finances des 27 Etats membres discuteront de leur programme très chargé et certains points pourraient bien susciter des débats houleux.

 

Le « paquet de deux » sur la gouvernance économique fait toujours l'objet d'âpres négociations entre le Conseil et le Parlement qui tente de renforcer les contrôles paneuropéens.

 

Dans le même temps, la directive sur l'adéquation des fonds propres, également au programme, est un autre point sur lequel le Parlement compte se montrer ferme, ce qui ne devrait pas manquer d'irriter le Royaume-Uni.

 

Tous les ministres donneront leur avis sur les projets de recommandations pour leurs économies préparées dans le cadre du semestre européen. Certains ministres ont déjà fait savoir qu'ils n'étaient pas satisfaits.

 

Le dernier élément controversé devrait être la présentation du programme de travail de Chypre pour sa présidence du Conseil de l'UE : un réel baptême du feu pour l'île chypriote.

 

Réactions:

« L'Eurogroupe a abouti aujourd'hui à un accord politique sur le projet de protocole d'accord relatif à une assistance financière pour la recapitalisation des institutions financières espagnoles. Cette aide sera allouée via le FESF jusqu'à l'entrée en vigueur du MES, puis transférée vers le MES sans toutefois changer de statut », peut-on lire dans un communiqué publié par l'Eurogroupe à l'issue de la réunion qui s'est terminée tôt ce matin.

 

« L'Eurogroupe envisage de donner son approbation finale au programme d'ici le 20 juillet, après la clôture des procédures nationales. »

 

« L'Eurogroupe soutient la recommandation de la Commission récemment adoptée de repousser la date butoir pour la correction du déficit excessif de l'Espagne d'un an à 2014. »

 

« Afin de briser le cercle vicieux entre les banques et les dettes souveraines, des discussions techniques sur un instrument de recapitalisation directe des banques dans le cadre du MES seront lancées en septembre pour que le MES puisse, après la prise d'une décision en ce sens, recapitaliser directement les banques, une fois un mécanisme efficace de supervision mis en place. »