L'Espagne se rapproche encore un peu plus d'un renflouement par l'UE et le FMI
Les coûts d'emprunt espagnols à dix ans ont atteint des sommets dangereux suite à la nationalisation de la Bankia, la quatrième banque du pays. Il a été garanti à Madrid qu'elle pourrait bénéficier d'une aide extérieure en cas de besoin.
Les coûts d'emprunt espagnols à dix ans ont atteint des sommets dangereux suite à la nationalisation de la Bankia, la quatrième banque du pays. Il a été garanti à Madrid qu'elle pourrait bénéficier d'une aide extérieure en cas de besoin.
Marek Belka, le gouverneur de la banque centrale polonaise, a déclaré lundi (28 mai) que l'Espagne pourrait compter sur un pare-feu financier international dans le cas où ses banques nécessiteraient une recapitalisation plus importante.
Les investisseurs craignent de plus en plus que l'Espagne soit forcée de demander un renflouement international, même si le premier ministre espagnol continue de marteler qu'aucun sauvetage européen ne sera nécessaire pour les banques espagnoles.
« Le FESF et le MES sont deux pare-feu qui devraient permettre à l'Espagne de compter sur une assistance financière ou un financement provisoire de l'étranger en cas de besoin », a déclaré M. Belka lors d'une conférence à Lima.
M. Belka a refusé de dire s'il pensait que l'Espagne aurait besoin d'une aide de ce type.
« L'Espagne souffre de faiblesses typiques dans les pays du sud de la zone euro, mais ses problèmes sont d'une bien moindre ampleur que ceux de la Grèce et même d'autres pays », a-t-il expliqué.
Sauvetage de la Bankia
La quatrième banque du pays, la Bankia, a demandé 19 milliards d'euros au gouvernement espagnol ce week-end et des sources gouvernementales ont précisé que le pays pourrait l'aider avec des obligations souveraines. La santé budgétaire des gouvernements régionaux du pays fait elle aussi l'objet d'inquiétudes.
Le manque de confiance des investisseurs face aux efforts de Madrid ont fait grimper les rendements obligataires à 10 ans du pays à près de 7 %, le taux qui a empêché l'Irlande et le Portugal d'avoir accès aux marchés des capitaux et les ont forcés à demander un renflouement international.
Selon le premier ministre, Mariano Rajoy, la hausse des coûts d'emprunt est imputable à l'incertitude qui règne quant à l'avenir de la monnaie unique. Il a de nouveau rejeté la possibilité de requérir à une aide extérieure pour relancer le secteur bancaire, qui a souffert d'un boom de l'immobilier qui dure depuis le début de la crise.
« De nombreux doutes planent sur l'avenir de la zone euro, ce qui fait grimper les primes de risque pour certains pays. C'est la raison pour laquelle il serait judicieux d'envoyer un message clair quant au fait qu'il n'y aura pas de retour en arrière sur l'euro », a déclaré M. Rajoy lors d'une conférence de presse lundi (28 mai).
« Le système bancaire espagnol n'aura pas besoin d'un sauvetage [européen]. »
Puiser dans le fonds de sauvetage européen pour sauver les banques
M. Rajoy n'a pas donné plus de détails quant aux plans de recapitalisation des banques, mais il s'est pour la première fois exprimé en faveur de l'idée que le fonds de sauvetage de la zone euro (qui entrera en vigueur en juillet) puisse prêter directement de l'argent aux banques.
Lorsque les journalistes lui ont demandé s'il soutenait une éventuelle modification de la structure du fonds au niveau de la zone euro, M. Rajoy a répondu : « Beaucoup de personnes y sont favorables, et je le suis aussi. »
L'Espagne n’a de cesse de répéter qu'elle n'aura pas besoin d'une aide extérieure pour financer le sauvetage de son secteur bancaire en difficulté.
M. Rajoy n'a pas précisé la somme d'argent qui pourrait être nécessaire pour sauver le système bancaire espagnol suite à la nationalisation de sa quatrième plus grande banque, la Bankia. Il a annoncé qu'il attendrait la fin d'un audit externe sur la situation avant de se prononcer.
Le gouvernement central et les régions devront refinancer 117,5 milliards de dettes d'ici la fin de l'année et financer un déficit de 52 milliards d'euros.