"L"Europe devrait être le centre d’une nouvelle gauche européenne"

Selon Massimo d’Alema, eurodéputé S&D et ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Romano Prodi, l’Europe doit trouver sa place dans les gouvernements de gauche.

EURACTIV.fr

Selon Massimo d’Alema, eurodéputé S&D et ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Romano Prodi, l’Europe doit trouver sa place dans les gouvernements de gauche.

Comme souvent depuis le début de la crise économique de 2008, le bilan des partis politiques et gouvernements européens se fait à l’aune des solutions apportées à cette situation exceptionnelle.

Qui de la gauche ou de la droite dispose de la meilleure stratégie ? Cette question revient souvent dans les débats européens. La démission du gouvernement socialiste au Portugal, le 7 juin dernier, et son remplacement par l’opposition, pourrait suggérer que la droite tient la corde. Mais pour Massimo d’Alema la question ne peut se poser en ces termes. « La crise économique pose des problèmes à tous les partis des gouvernements », estime-t-il dans une interview accordée à EURACTIV.com.

Selon lui, la crise a permis à la droite de renforcer certains de ses arguments, en jouant sur « la peur face à l’insécurité », ou la « menace migratoire ». A gauche, de nouvelles perspectives se dessinent, permettant l’avancée des mouvances socialistes tant dans les länders allemands que dans les provinces italiennes. « En Italie, on a gagné presque partout, nous sommes sur la bonne voie », assure t-il confiant.

Et l’Europe?

Avantage de la gauche sur la droite, la concordance de plus en plus prononcée des idéaux de gauche avec ceux de l’Europe sociale. C’est dans ce terreau que, selon lui, « la gauche européenne » prendra racine.

D’abord parce que, comme le volet social de l’UE, la gauche européenne reste encore à construire. Ensuite parce qu’il y a en effet « un grand débat, un grand effort de renouveau de la pensée à gauche (…). Nous avons sur nos épaules la saison de la « troisième voie », l’idée d’un renouveau qui devait s’approcher de la pensée libérale. »

Et cette troisième voie, l’ancien ministre de Romano Prodi la place dans une dimension européenne. La gauche est selon lui moins « attachée à une logique nationale comme l’est la droite ».

Les partis européens de gauche doivent jouer sur cette différence pour obtenir la victoire. « Sans une stratégie européenne, il sera difficile pour la gauche de gagner. Mais le problème, c’est après ! C’est de gouverner. ».

Un problème rencontré par exemple par le Parti socialiste français. Même s’il a inscrit l’Europe à son programme pour l’élection de 2012, il ne parvient pas à s’extirper de l’écueil « choisir entre un discours pour classes moyennes ou classes populaires ». Pourtant, estime Massimo d’Alema, « c’est un débat sociologique daté, le choix ne se pose plus aujourd’hui ».

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