L’Europe soulagée après un accord budgétaire américain
Les marchés européens ont réagi positivement à l’accord conclu sur le fil afin d’éviter une « falaise budgétaire » américaine redoutée qui aurait pu entraîner les États-Unis dans une nouvelle récession.
Les marchés européens ont réagi positivement à l’accord conclu sur le fil afin d’éviter une « falaise budgétaire » américaine redoutée qui aurait pu entraîner les États-Unis dans une nouvelle récession.
Les Bunds allemands ont chuté hier (2 janvier) après que les législateurs américains ont approuvé un accord qui permet d'éviter une série de hausses automatiques d'impôts et de coupes budgétaires.
La Chambre des représentants, dominée par les républicains, a adopté dans la nuit de mardi (1er janvier) un texte de loi qui augmentera les impôts des personnes les mieux rémunérées. Cette décision répond à la promesse préélectorale du président Barack Obama et évite une « falaise budgétaire » de 600 milliards de dollars (456 milliards d'euros) de hausses d'impôts et de baisses des dépenses publiques au sens large.
Selon des analystes, le vieil adage « Quand les États-Unis éternuent, le reste du monde s'enrhume » est toujours valable. Sans cet accord sur la « falaise budgétaire », la reprise économique aurait pu être fortement compromise en Europe.
Cet accord de dernière minute a suscité un intérêt pour les actifs les plus risqués comme les actions et la dette des pays périphériques de la zone euro. Les obligations italiennes à échéance de dix ans ont atteint leur niveau le plus bas depuis un peu plus de deux ans.
Même si l'Allemagne est parvenue à vendre 4,15 milliards d'euros d'obligations à échéance de deux ans, la demande était plus faible que lors de l'adjudication de la dette portant intérêt à taux zéro.
« Le fait que les États-Unis aient conclu un accord afin d'éviter la "falaise budgétaire" a déclenché l'appétence au risque. Ce n'était donc pas le meilleur jour pour l’adjudication d’obligations allemandes, mais le résultat n'était pas si terrible », a déclaré Patrick Jacq, stratégiste obligataire chez BNP Paribas.
Les contrats Futures sur le Bund ont chuté à 144,11, le niveau le plus bas depuis dix jours, alors que les bons de caisse allemands à échéance de 10 ans ont augmenté de 1,43 %, une hausse de 13 points de base.
Les Bunds se situaient légèrement en dessous des bons du Trésor américain. Les obligations T-notes à échéance de 10 ans ont augmenté de 39 points de base par rapport aux obligations allemandes contre 42 points de base pour les échanges européens lundi soir. Les marchés américain et européen étaient fermés mardi à l'occasion du Nouvel An.
Des stratégistes et certains traders ont indiqué que les bons du Trésor pourraient rattraper les obligations allemandes lorsque le marché boursier des États-Unis rouvrirait.
La liquidation des obligations américaines et allemandes sûres serait toutefois susceptible de s'essouffler au cours des prochaines semaines. L'attention se tourne en effet vers de nouveaux pourparlers sur l'augmentation du plafond d'endettement américain afin de permettre au gouvernement de continuer à emprunter, selon des traders et stratégistes.
Parmi les dettes de la zone euro portant un intérêt plus bas, les obligations italiennes à échéance de dix ans enregistraient 18 points de base dernièrement avant de chuter à 4,33 %, après avoir atteint 4,312 %, le taux le plus bas depuis novembre 2010. L'équivalent espagnol enregistrait 13 points de base à 5,14 %.
« L'accord [américain] aide les marchés à risque et devrait permettre de stabiliser les marchés de la semi périphérie et de la périphérie cette semaine. La demande devrait toutefois rapidement regagner l'attention et nous nous attendons à des élargissements tactiques des émissions. Nous nous attendons en fin de compte à ce que cette émission soit bien accueillie en janvier », ont indiqué des stratèges de RBS dans un communiqué.