L’Europe, une porte encore difficile d’accès pour Biovallée

Dans la Drôme, quatre communautés de communes mènent ensemble des actions de développement durable. Mais la recherche de partenariats financiers reste un défi.

EURACTIV.fr

Dans la Drôme, quatre communautés de communes mènent ensemble des actions de développement durable. Mais la recherche de partenariats financiers reste un défi.

A l’échelle européenne, de plus en plus de territoires ruraux s’organisent en réseau, animés par la même volonté d’accueillir les énergies renouvelables et de se prémunir contre l’augmentation attendue du prix des ressources fossiles. Depuis 2011, Biovallée est membre du réseau Tepos (territoires à énergie positive), lui-même adhérent du réseau européen Rurener fondé à Clermont-Ferrand.

Les 28 et 29 septembre, ces acteurs se donnent rendez-vous dans la Drôme, puisque Biovallée est l’hôte des deuxièmes rencontres nationales consacrées à l’énergie et aux territoires ruraux. L’occasion de mettre en perspective ce que d’autres territoires européens ont fait. Des responsables locaux autrichiens et allemands ont ainsi été invités pour rendre compte de leur propre expérience.

Engagement en demi-teinte de l’État

Les objectifs de Biovallée, en phase avec les directives européennes sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, dépendent aujourd’hui de soutiens essentiellement locaux. Entre 2009 et 2014, la région Rhône-Alpes a par exemple mis 10 millions d’euros à la disposition des projets développés par Biovallée.

L’État est en revanche resté un peu en retrait. Présent au sein du comité de pilotage, son concours financier reste ponctuel. Même chose pour l’Ademe, avec laquelle Biovallée n’a pas contractualisé. « J’ai rencontré le directeur régional mais cela n’a pas abouti », relève Jean Serret, président PS de Biovallée. Certains acteurs y voient la marque d’un État « très politisé pendant la dernière mandature ».

L’Europe, une piste à creuser

Se tourner vers l’Europe ? Les élus comme les services y pensent. Les fonds régionaux européens ont déjà profité à la Communauté du Val de Drôme, dans le cadre du lancement d’un écosite. Le fonds Feder est ainsi intervenu à hauteur de 259 000 euros sur un coût total d’1,2 million d’euros pour une pépinière d’entreprises et un amphithéâtre dédié aux conférences sur le développement durable.

D’autres tentatives se sont révélées plus aléatoires. La somme de 184 000 euros de Feder est par exemple réclamée pour un projet mené dans une autre commune de la vallée, à cause d’une erreur d’appréciation de la participation financière de l’UE (15% du coût total et non 25%).

Les fonds européens se marient enfin difficilement avec les projets très émergents. Les responsables de la Biovallée tentent par exemple de fédérer les entreprises entre elles afin de « réfléchir à des mutualisations, des échanges d’informations, de mener une réflexion sur les déchets etc », explique Didier Lopez, directeur du développement économique à la Communauté économique du Val de Drôme. Or, les fonds européens restent inaccessibles pour financer le travail d’animation nécessaire à cette mise en réseau. « Il faudrait que l’on soit déjà au stade du cluster pour que l’UE nous aide. »