L’eurosceptiscisme gagne les Français
Un sondage Ifop pour le Figaro met en lumière un désamour de plus en plus grand entre l’UE et les Français. Approuvé à 51% en 1992, le traité de Maastricht serait aujourd’hui rejeté à 64% par les mêmes électeurs.
Un sondage Ifop pour le Figaro met en lumière un désamour de plus en plus grand entre l’UE et les Français. Approuvé à 51% en 1992, le traité de Maastricht serait aujourd’hui rejeté à 64% par les mêmes électeurs.
Quand la question leur était posée en 1999, 53% des habitants de l’Hexagone estimaient que l’intégration européenne allait plutôt dans le bon sens. Aujourd’hui, ils sont 67% à penser l’inverse.
Quatre ans de crise et des sommets à répétition ont ébranlé la confiance des citoyens envers l’Union européenne. Tel est le bilan d’un sondage Ifop réalisé pour Le Figaro et publié dans leur édition du 17 septembre. Alors qu’en 1992, les électeurs nés avant 1974 avaient ratifié à 51% le traité de Maastricht, ces mêmes personnes voteraient contre à 64% vingt ans plus tard.
La division au sein de la société française est profonde. Seulement 36% des ouvriers et employés jugent l’appartenance à l’UE dans l’intérêt de la France, contre 72% pour les cadres supérieurs.
Les Français se rejoignent cependant dans leur perception de la gestion de la crise. Pour 76% d’entre eux, l’UE n’a pas agi avec efficacité. 45% des sondés voient même l’euro comme un handicap. Ils n’étaient que 34% en avril 2010. La monnaie unique aurait favorisé le chômage (63%) et dégradé la compétitivité (61%).
Le camp de ceux qui souhaitent majoritairement moins d’intégration a progressé de 12 points, pour atteindre 60 %. Et ils sont 64 % à juger «peu probable» l’émergence d’un «État européen unique».
La relation vire au « je t’aime moi non plus » car dans le même temps, 65% des Français ne souhaitent pas revenir au franc.
Au même moment, une étude publiée par la Fondation allemande Bertelsmann révèle que 65% des Allemands estiment que leur situation personnelle serait meilleure sans l’euro alors que le chiffre n’est que de 36% pour les Français. 49% des Allemands pensent aussi qu’ils vivraient mieux si l’Union européenne n’existait pas.
Paradoxe supplémentaire : 69% des habitants d’Outre-Rhin estiment pourtant que l’Union européenne est un modèle pour le reste du monde (56% chez les Français).