L’industrie automobile divisée sur les objectifs de réduction de CO2

Les constructeurs automobiles, réunis à Bruxelles vendredi dernier (2 décembre),  ne sont pas parvenus à trouver une position commune s’agissant des propositions de l’UE de plafonner les émissions de CO2 des voitures à 95 grammes par kilomètre (g/km) d’ici 2020.

EURACTIV.fr
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Les constructeurs automobiles, réunis à Bruxelles vendredi dernier (2 décembre),  ne sont pas parvenus à trouver une position commune s’agissant des propositions de l’UE de plafonner les émissions de CO2 des voitures à 95 grammes par kilomètre (g/km) d’ici 2020.

A leur arrivée, les participants ont dû faire face à une armée de manifestants de Greenpeace déguisés en guerriers du film La Guerre des Etoiles, les exhortant à éviter le « côté obscur » de l'augmentation des émissions de CO2.

Ils n'ont cependant pas inspiré de position commune à l'industrie automobile.

« Le dossier n'est pas clos, car nous n'y sommes pas parvenus », a déclaré à EURACTIV Sergio Marchionne, le président de l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA).

« Il n'y a eu aucune demande ou déclaration d'intention claire en faveur d'une solution au problème », a-t-il ajouté. « Nous n'y sommes pas parvenus. »

M. Marchionne, le dirigeant du groupe Chrysler Group et de sa filiale Fiat SpA, a été récemment nommé président de l'ACEA pour l'année 2012.

Malgré l'impasse actuelle, il a insisté sur le fait que l'élaboration d'une position commune de l'industrie automobile sur les propositions européennes serait largement débattue lors de son mandat et au cours «des 12 ou 18 prochains mois ».

Des normes contraignantes

En 2009, l'UE a mis en place ses premières normes contraignantes d'efficacité énergétique en matière d'émissions de dioxyde de carbone issues de l'automobile à 120 g/km. Pour y parvenir, les émissions des nouveaux véhicules seront plafonnées à 130 g/km à partir de 2012.

La Commission européenne s'est fixé un objectif de 95 g de CO2/km pour 2020, qui devrait ensuite être confirmé en 2013. Cela se rapprocherait du scénario américain le plus ambitieux pour 2025. 

Les défenseurs de l'environnement pensent qu'officieusement, les constructeurs automobiles européens comme Fiat, Renault ou Peugeot-Citroën, dont les plus petits véhicules émettent le moins de CO2 en moyenne, soient moins hostiles aux propositions de la Commission que certains autres constructeurs.

« Les constructeurs plus progressistes doivent fulminer contre Volkswagen, qui rechigne et tente de freiner le processus », a déclaré Sara Ayech, militante de Greenpeace contre le changement climatique.

Selon une lettre de l'entreprise allemande Volkswagen destinée à Greenpeace et consultée par EURACTIV, l'entreprise « n'est pas en mesure de soutenir […] une politique climatique européenne qui mettrait des emplois en danger et entraînerait la désindustrialisation de l'Europe ».

Cette lettre s'insurge contre les objectifs pour 2020, qu'elle qualifie de «conséquence d'une décision politique prise l'année dernière ».

L'objectif n'est « nullement fondé sur une évaluation d'impact ou une étude réaliste des coûts et des progrès techniques nécessaires pour l'atteindre dans les délais impartis », peut-on lire dans cette lettre.

Divisions au sein de l'ACEA

Il s'agit cependant d'une position contestée par certains membres de l'ACEA.

Une source haut placée chez un constructeur automobile traditionnellement considéré comme écologique a laissé entendre à EURACTIV que les chiffres de son entreprise en termes d'émissions de CO2 étaient un bon indicateur de la direction que prenaient selon lui les discussions.

Etant donné que les premières normes européennes contraignantes sur la consommation de carburant, adoptées en 2008, ont obligé les constructeurs automobiles à réduire leurs émissions de CO2 à 120 g/km d'ici 2015, les normes d'efficacité ont augmenté, et les coûts ont chuté pour les automobilistes.

En 2011, les véhicules vendus en Europe consommaient en moyenne 4 % de carburant en moins, émettaient 4 % de CO2 en moins, et coûtaient 2,5 % moins cher que l'année précédente, selon un rapport de l'ONG verte Transport & Environment.

En moyenne, les émissions de CO2 des nouveaux véhicules ont chuté à 140 g/km, selon Transport & Environment. Mardi (6 décembre), les parties prenantes reprendront leurs discussions avec les fonctionnaires de la Commission européenne.