L'investissement en faveur de l'énergie verte atteint 260 milliards de dollars

Le volume mondial d'investissements dans l'énergie a atteint un nouveau record à 260 milliards de dollars (203 milliards d'euros) l'an dernier malgré la crise financière et le programme anti-environnement des républicains au Congrès américain. C'est ce qu'ont pu entendre les participants du sommet des investisseurs des Nations unies ce jeudi.

/ EURACTIV.fr
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Le volume mondial d'investissements dans l'énergie a atteint un nouveau record à 260 milliards de dollars (203 milliards d'euros) l'an dernier malgré la crise financière et le programme anti-environnement des républicains au Congrès américain. C'est ce qu'ont pu entendre les participants du sommet des investisseurs des Nations unies ce jeudi.

Des données publiées par Bloomberg New Energy Finance, une société d'étude qui surveille les investissements pour le développement des énergies propres, ont montré une augmentation de 5 % par rapport à 2010. Cette augmentation est surtout due aux investissements dans le secteur de l'industrie photovoltaïque.

Ils ont augmenté de 36 % l'année dernière pour atteindre 136,6 milliards de dollars (107,6 milliards d'euros). Bien que la scène politique américaine ait été secouée par le scandale des prêts de 535 millions de dollars (421 millions d'euros) accordés au fabricant de panneaux solaires en faillite Solyndra, le secteur n'en a apparemment ressenti que très peu les effets.

Les Etats-Unis ont investi à hauteur de 56 milliards de dollars (44 milliards d'euros) dans les énergies propres l'an dernier, prenant le pas sur la Chine qui n'a investi que 47,4 milliards de dollars (37,3 milliards d'euros). C'est la première fois depuis 2008 que les investissements américains dépassent ceux de la Chine. Cette augmentation reflète l'avancée du plan de relance économique de Barack Obama qui prévoit 80 milliards de dollars pour l'économie verte, une fois l'investissement dans les chemins de fer à grande vitesse réalisé.

« Ce stimulus est arrivé soudainement », a déclaré Ethan Zindler, responsable de l'analyse politique chez Bloomberg New Energy Finance.

Ces résultats ont été présentés à 500 investisseurs internationaux réunis à l'ONU afin de tenter de mobiliser les fonds nécessaires pour lutter contre le changement climatique. Le chiffre de 260 milliards de dollars regroupe les investissements en faveur des énergies renouvelables, des biocarburants et des technologies intelligentes. Il ne prend pas en compte les investissements pour le gaz naturel, l'énergie nucléaire ou le charbon épuré.

Ce sommet, organisé par la Ceres (Coalition pour des économies écologiquement responsables), a également eu lieu dans le contexte du futur sommet de Rio qui se déroulera en juin prochain.

Une autre analyse du groupe de conseillers sur le changement climatique de la Deutsche Bank, qui a utilisé une définition moins large pour les investissements dans l'énergie propre et l'efficacité énergétique, a fait état d'une augmentation encore plus importante à 140 milliards de dollars (110 milliards d'euros) pour les neuf premiers mois de l'année dernière, par rapport à 103 milliards de dollars (81 milliards d'euros) à la même période en 2010.

Kevin Parker, responsable mondial du Deutsche Asset Management, a déclaré : « Les investisseurs n'ont plus d'excuse pour ne pas s'attaquer aux dangers du changement climatique, car ça devient un sujet reconnu du grand public. »

Les perdants

Certains secteurs n'ont toutefois pas bénéficié de ce nouvel engouement pour les énergies propres. Les investissements dans le secteur éolien ont chuté de 17 % à 74,9 milliards de dollars (59 milliards d'euros). Dans le même temps, les fabricants d'éoliennes et de panneaux solaires souffrent d'une chute du prix des matières premières et d'une offre excessive. C'est exactement ce type de pressions qui a entraîné la faillite de Solyndra, qui s'est effondrée après avoir reçu un milliard de dollars dans le cadre du plan de relance de Barack Obama.

Les républicains ont utilisé la faillite de l'entreprise pour discréditer l'agenda écologique de M. Obama. Bien que les participants au sommet aient qualifié les accusations républicaines d'« écran de fumée », ils ont reconnu les difficultés inhérentes à la production d'énergies propres.

Autre exemple, Vestas Wind Systems, le premier fabricant mondial d'éoliennes, a déclaré jeudi qu'il arrêtait la production d'une de ses usines, entraînant le licenciement de 2335 personnes (10 % de son personnel) pour tenter de concurrencer les producteurs chinois.

L'entreprise a précisé que 1600 emplois supplémentaires étaient en péril aux Etats-Unis, dans la mesure où les crédits d'impôt expireront à la fin de l'année.

La fin des plans de relance économique dans le monde pourrait également affecter les perspectives pour 2012, a expliqué M. Zindler.

« Une grande partie de cet argent a déjà été dépensé », a-t-il affirmé. « Ce qui signifie que l'an prochain, l'industrie devrait être plus compétitive et plus rentable sans le soutien du gouvernement. »

Il a toutefois précisé que la « plus grande part » de ces 260 milliards de dollars étaient des fonds privés. En outre, malgré le climat politique, la demande reste forte en Amérique pour les énergies renouvelables : 29 Etats américains ont besoin de structures pour générer une partie de leur électricité à partir de l'éolien, du solaire, du géothermique et de la biomasse.

Les experts pensent que cette nécessité suscitera une demande à hauteur de 400 milliards de dollars (315 milliards d'euros) pour la construction de centrale fonctionnant avec des énergies renouvelables. Le processus est en cours malgré la rhétorique républicaine contre le passage à l'énergie propre.

« Il s'agit de construire des infrastructures », a expliqué l'un d'entre eux.

Les pays en développement s'intéressent également à l'énergie propre et des économies émergentes comme l'Inde et le Brésil ont besoin de plus d'énergie.

« Ils ont besoin de produire plus d'énergie et ils ne souhaitent pas nécessairement avoir recours au charbon », a affirmé M. Zindler.