L’italien Enrico Letta est prié de former un gouvernement

Le président italien, Giorgio Napolitano, a demandé hier (24 avril) à l’homme politique de centre-gauche Enrico Letta de former un nouveau gouvernement. Cette décision marque la fin d’une impasse préjudiciable qui dure depuis deux mois à la suite des élections dans la troisième plus grande économie de la zone euro.

EURACTIV.com / Reuters
Enrico Letta.jpg
Enrico Letta.jpg

Le président italien, Giorgio Napolitano, a demandé hier (24 avril) à l’homme politique de centre-gauche Enrico Letta de former un nouveau gouvernement. Cette décision marque la fin d’une impasse préjudiciable qui dure depuis deux mois à la suite des élections dans la troisième plus grande économie de la zone euro.

Enrico Letta, membre du Parti démocrate (PD), a déclaré qu'il entamerait jeudi les discussions en vue de former une grande coalition. Il sollicitera probablement un vote de confiance du Parlement en début de semaine prochaine.

Le premier ministre désigné devrait sélectionner un groupe de ministres, choisis parmi les dirigeants politiques et les technocrates, sous l'égide de Giorgio Napolitano. La réélection sans précédent de ce dernier la semaine dernière a ouvert la voie vers une sortie de la crise.

Le nouveau gouvernement sera principalement soutenu par le centre-gauche de M. Letta et par le parti du Peuple de la liberté (PDL) de centre-droit dirigé par Silvio Berlusconi. Ces partis n'étaient pas parvenus auparavant à atteindre un accord à la suite d'élections peu concluantes il y a deux mois.

Les divisions au sein du PD et les rivalités entre les deux partis, qui ne sont pas parvenus à une majorité parlementaire durable, pourraient toutefois entraver un accord. La formation d'un gouvernement après une impasse aussi longue montrerait cependant que l'Italie est enfin prête à commencer des réformes vraiment nécessaires.

En acceptant ce mandat, Enrico Letta a déclaré qu'il ne constituerait pas un gouvernement « à n'importe quel prix ». ll a également averti que les partis rivaux devaient faire des compromis, sinon il démissionnerait.

Selon lui, l'Italie est confrontée à une situation intenable et le gouvernement doit fournir des réponses en matière d'emploi, de pauvreté et de crise qui frappe les petites entreprises au cours de la plus longue récession depuis la Seconde Guerre mondiale.

Critiques sur les politiques de l'UE

Les politiques économiques de l'Union européenne se sont trop concentrées sur l'austérité au lieu de la croissance, d'après le premier ministre. Le système parlementaire italien et la loi électorale très critiquée et largement responsable de l'impasse doivent être réformés.

Enrico Letta, qui porte des lunettes et a une calvitie, est connu pour ses manières affables et parle couramment l'anglais. À 46 ans, il serait l'un des premiers ministres les plus jeunes d'Italie et représente un changement générationnel par rapport à Silvio Berlusconi et au premier ministre sortant Mario Monti.

Pro-européen dévoué et membre dans sa jeunesse de l’ancien Parti démocrate-chrétien, il devrait être accueilli favorablement par les gouvernements étrangers et les marchés et pourra également collaborer avec le centre-droit.

Il est le neveu de Gianni Letta, depuis longtemps directeur de cabinet de Silvio Berlusconi. Il compte de nombreux amis politiques dans tous les camps du parlement, ce qui pourrait aider à détendre la mauvaise ambiance depuis les élections.

Alors qu’Enrico Letta a rencontré de proches conseillers, les noms des futurs ministres probables laissent présager un gouvernement en grande partie conforme au gouvernement du technocrate sortant, Mario Monti. Ce gouvernement pourrait toutefois inclure des hommes politiques d’expérience comme le secrétaire du parti PDL, Angelino Alfano.

Le directeur général de la Banque d'Italie, Fabrizio Saccomanni, était considéré comme un éventuel ministre de l'économie et Enrico Giovannini, le directeur de l'Institut national de statistique (ISTAT), pourrait être à la tête du ministère de l'industrie. M. Monti lui-même pourrait revenir et occuper le poste de ministre des affaires étrangères, ce qui permettrait de maintenir les contacts internationaux qu'il a pu mettre en place en tant que premier ministre.