L’obstruction de l’Allemagne sur l’union bancaire irrite le PS

Les députés socialistes craignent un enterrement déguisé de l'union bancaire par Berlin, qui s'accroche à la procédure laborieuse de changement des traités.

EURACTIV.fr
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Les députés socialistes craignent un enterrement déguisé de l’union bancaire par Berlin, qui s’accroche à la procédure laborieuse de changement des traités.

A chaque étape de la construction de l’Union bancaire, l’Allemagne voit toujours une raison de soulever des objections. La supervision bancaire ? Pas utile pour les petites banques. La recapitalisation directe ? Pas possible avant une supervision effective des banques, qui prendra du temps, beaucoup de temps. La restructuration des banques par un nouvel organisme européen ? Pas avant un changement de traité.

La stratégie commence à échauffer les esprits dans les rangs du parti socialiste. La diplomatie remisée au placard, Estelle Grelier pointe ouvertement le « foutage de gueule » du gouvernement conservateur allemand, lorsqu’elle s’adresse au ministre des Affaires européennes Thierry Repentin, auditionné le 17 avril à l’Assemblée nationale.

A l’issue de la réunion des ministres des Finances européens, samedi 13 avril, à Dublin, l’Allemand Wolfgang Schaüble a mis en doute la base juridique sur laquelle se fondait l’union bancaire. Celle-ci « n’a de sens que si nous avons des règles communes pour restructurer et faire face aux défaillances des banques. Si nous voulons des institutions européennes pour s’occuper de cela, il faut modifier le traité », avait-il déclaré.

Enterrer le projet?

La réponse du PS fuse : « Ne cherche-t-il pas purement et simplement à l’enterrer ? » s’interrogent les députés Estelle Grelier et Guillaume Bachelay dans un communiqué. « Le Parti socialiste, conscient de cet enjeu majeur, déplore les tergiversations des conservateurs au pouvoir outre-Rhin ».

Berlin jure pourtant sa bonne foi. « Je ne vois pas où nous freinons », a objecté Martin Kotthaus, porte-parole du ministère des Finances, lors d’un point presse, le 17 avril. « Nous travaillons de manière dynamique et intense aux trois composantes de cette union bancaire », mais « nous avons besoin d’une base solide dans les traités».

Des propos « aussi lénifiants qu’inquiétants », dénonce le PS. De son côté, Thierry Repentin a estimé qu’il fallait « minimiser la portée » de la déclaration de M. Schaüble. Elle serait guidée par le contexte intérieur allemand de la campagne électorale.