L'oléoduc Droujba reprend du service mais 'la confiance est brisée' [FR]
Après trois jours de brouille avec son voisin biélorusse, la Russie a rétabli l'approvisionnement en pétrole de plusieurs pays européens, mais la confiance à l'égard de Moscou se détériore, soulignant la nécessité de réformer l'approvisionnement énergétique de l'Europe.
Après trois jours de brouille avec son voisin biélorusse, la Russie a rétabli l’approvisionnement en pétrole de plusieurs pays européens, mais la confiance à l’égard de Moscou se détériore, soulignant la nécessité de réformer l’approvisionnement énergétique de l’Europe.
Mercredi soir (10 janvier 2007), le pétrole brut en provenance de Russie a recommencé à couler dans la partie biélorusse de l’oléoduc « Droujba » (« amitié » en russe). Dans le même temps, la Biélorussie a commencé à prélever 79 000 tonnes de pétrole des dépôts du pays pour les acheminer vers les raffineries d’Ukraine, de Pologne, de Slovaquie, de République tchèque, d’Allemagne et de Hongrie.
Le président biélorusse, Alexander Lukashenko, s’étant incliné sous la pression de son homologue russe, Vladimir Poutine, et ayant accepté de renoncer à ses projets de taxe de transit sur le pétrole russe, les expéditions par bateau ont repris. Ce projet d’imposer une taxe de 45$ par tonne métrique avait déclenché un conflit entre les deux anciennes républiques soviétiques concernant les conditions d’exportation du gaz et pétrole russes vers la Biélorussie et certains pays européens via le pipeline Droujba.
Lors de sa conversation avec le président Lukashenko, V. Putin l’aurait menacé d’imposer des taxes à l’importation sur tous les biens en provenance de Biélorussie, sachant que plus de 50% des exportations de l’économie biélorusse de type soviétique sont à destination de la Russie. Une délégation biélorusse emmenée par le premier ministre, Sergei Sidorsky, se rendra à Moscou le 11 janvier pour tenter de négocier en deux jours un accord bilatéral plus large sur les questions pétrolières et commerciales.
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a qualifié la coupure de l’approvisionnement en pétrole d' »inacceptable » de la part de la Russie, ajoutant que la Commission « prendrait des mesures pour éviter que cela ne se reproduise à l’avenir ».
Lors d’une audience organisée par le Sénat américain, Fatih Birol, économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie, a déclaré qu’il « ne fallait pas se sentir trop détendus » après l’issue provisoire du conflit commercial entre la Russie et la Biélorussie, ajoutant que « le marché pourrait avoir besoin de davantage de pétrole dans les prochains mois » et que l’équilibre actuel du marché entre la demande et l’offre était « vraiment très fragile ».