L'opération de sauvetage de la zone euro via le FMI en question

Les dirigeants européens ont décidé la semaine dernière de renforcer la puissance de feu du FMI de 200 milliards d'euros supplémentaires. Les Etats membres d'Europe de l'Est plus pauvres s'inquiètent toutefois de leur contribution à cet apport. Le réseau EURACTIV a contribué à cet article.

EURACTIV.com
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Les dirigeants européens ont décidé la semaine dernière de renforcer la puissance de feu du FMI de 200 milliards d'euros supplémentaires. Les Etats membres d'Europe de l'Est plus pauvres s'inquiètent toutefois de leur contribution à cet apport. Le réseau EURACTIV a contribué à cet article.

L'Allemagne a affirmé que sa contribution pourrait s'élever à 45 milliards d’euros, mais elle a précisé qu'elle ne verserait cet argent au FMI que si des pays en dehors de la zone euro se joignaient à l'opération et si le Bundestag donnait son feu vert.

« Si ces conditions ne sont pas respectées, nous ne pourrons pas accepter cette ligne de crédit », aurait déclaré le directeur de la banque centrale allemande, Jens Weidmann, insistant sur le fait que ces contributions devraient être réparties « équitablement » entre les pays membres de la zone euro.

L'Allemagne est le plus grand contributeur européen au fonds du FMI destiné à la zone euro. Cet argent supplémentaire pour le FMI pourrait être utilisé pour stabiliser les pays endettés de la zone.

Le partage des contributions est cependant loin d'être clair. Interrogé sur la complexité de ce système, Amadeu Altafaj, le porte-parole du commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, n'a pas pu fournir une réponse claire.

Lors du sommet des 8 et 9 décembre derniers, la directrice du FMI, Christine Lagarde, a confirmé qu'un accord avait été conclu pour augmenter la capacité du fonds de 200 milliards d'euros par le biais de prêts bilatéraux. Toutefois, les détails de cette mesure devront être confirmés par l'UE et le FMI « dans les dix prochains jours », a-t-elle déclaré.

Les dirigeants de l'UE ont présenté leur décision d'augmenter les financements au FMI comme une façon de convaincre les économies émergentes comme la Chine d'elles aussi apporter des fonds.

Hier (15 décembre), lors du sommet UE-Russie, de proches collaborateurs du président russe, Dmitri Medvedev, ont déclaré que la Russie pourrait consentir à un prêt de 7,5 milliards d'euros pour aider les pays endettés de la zone euro via le FMI.

Des rumeurs déclenchent la panique

Divers chiffres ont circulé sur les contributions nationales des membres les plus modestes de l'UE, ce qui a suscité la panique dans les parlements nationaux.

Le président tchèque eurosceptique, Václav Klaus, a affirmé que son pays ne devrait pas contribuer à cet effort. Le premier ministre tchèque, Petr Ne?as, s’est quant à lui opposé à la contribution de 3,5 milliards d'euros qui a été demandée à son pays, demandant une analyse plus approfondie avant que son gouvernement ne rende sa décision.

En Slovaquie, Jozef Kollár, un leader du parti de centre-droit Liberté et Solidarité, a affirmé avoir un avis général « négatif » sur le projet. Il l'a qualifié de « transaction bizarre » imposée par les dirigeants allemand et français pour trouver de l'argent afin de renforcer le fonds de sauvetage de l'UE sans passer par les parlements nationaux, a rapporté l'agence Associated Press.

La Pologne, qui exerce la présidence tournante de l'UE, devrait décider au cours des prochains jours l'ampleur de la part des réserves de sa banque centrale qu'elle allouera au FMI. Le vice-ministre des finances, Ludwik Kotecki, aurait déclaré que la Banque Nationale de Pologne disposait de 74,3 milliards d'euros en réserve au mois de novembre.

M. Kotecki a expliqué que les Etats membres de la zone euro devraient verser environ les trois quarts des 200 milliards d'euros prévus et que le reste proviendrait des membres de l'UE en dehors de la zone euro qui ont signé l'accord, a rapporté Dow Jones.

La Hongrie pourrait ne pas participer à l'effort général, dans la mesure où elle est toujours en train de rembourser le FMI pour des renflouements passés. La Hongrie a été le premier pays de l'UE à bénéficier en 2008 d'un plan de sauvetage allant jusqu'à 12 milliards d'euros pour gérer ses difficultés financières. Budapest a récemment demandé une « aide préventive » à l'UE et au FMI en vue d'éventuelles difficultés financières futures.

Le président roumain, Traian Basescu, a participé à une session du gouvernement mercredi, expliquant que sur les 200 milliards d'euros, les pays en dehors de la zone euro devraient fournir 50 milliards d’euros. Tout comme la Hongrie, la Roumanie bénéficie d'un renflouement de l'UE et du FMI.

Il a affirmé que son pays ne pourrait engager pas tirer des fonds de son budget, mais qu'il pourrait prélever temporairement 2 milliards d'euros de ses réserves pour prêter cette somme au FMI qui devrait ensuite rembourser.

En Bulgarie, le membre le plus pauvre de l'UE, le ministre des affaires étrangères, Nicolaï Mladenov, aurait déclaré que son pays devrait d'abord recevoir « de nombreuses informations » avant de prendre une quelconque décision.

Ivan Kostov, le dirigeant du DSB, un petit parti de centre-droit dans l'opposition, a affirmé que selon ses propres calculs, la part de la Bulgarie s'élèverait à 3,5 milliards d'euros, une somme gigantesque pour ce pays pauvre.

M. Kostov a fustigé le premier ministre, Boyko Borissov, pour avoir refusé d'informer le parlement à propos de l'accord conclu lors du sommet.

« M. Cameron est revenu en Grande-Bretagne et s'est directement adressé au parlement. Mme Merkel a également affronté le Bundestag à son retour », a-t-il argué, faisant référence aux débats post-sommet organisés par les dirigeants britannique et allemand.