L’UE et la Chine vont signer un accord pour réduire le trafic d’espèces sauvages
L’UE et l'administration forestière d'État vont signer le 18 juillet un accord en vue de contribuer à la lutte contre le commerce illégal des produits de la faune et de la flore. C’est ce qu’a déclaré le commissaire en charge de l’environnement à EURACTIV.
L’UE et l'administration forestière d'État vont signer le 18 juillet un accord en vue de contribuer à la lutte contre le commerce illégal des produits de la faune et de la flore. C’est ce qu’a déclaré le commissaire en charge de l’environnement à EURACTIV.
Janez Poto?nik, le commissaire européen en charge de l’environnement, et Zhang Jianlong, le vice-ministre de l'administration forestière d'État, signeront un accord de coopération à Pékin. Ils souhaitent renforcer leur coopération dans la lutte contre le trafic d'espèces sauvages et les produits agroforestiers grâce à l'échange d'informations et la mise en œuvre de lois.
L'Union exercera ainsi plus d'influence sur la Chine en amont des réunions intergouvernementales annuelles relatives à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).
Les gouvernements réitéreront leurs engagements envers cette convention en promettant de coordonner les réponses en cas de découverte d'un trafic. Ils suivront par exemple la trace de produits provenant d'Afrique vendus illégalement en Chine et qui ont transité par l'Europe, tels que des défenses d'ivoire.
Le commissaire européen a indiqué : « En tant que marchés principaux des produits de la faune et de la flore, l'UE et la Chine ont la responsabilité de soutenir les actions de la communauté internationale dans la lutte contre le trafic d'espèces sauvages. »
« Le trafic a atteint son plus haut niveau depuis des décennies et concerne des organisations criminelles internationales. Le commerce non durable et illégal menace par exemple les populations mondiales d'éléphants, de rhinocéros et de requins. »
Janez Poto?nik a également rencontré Zhou Shengxian, le ministre chinois de la protection de l'environnement, pour discuter de questions environnementales, comme la pollution de l'air et de l'eau.
Une demande croissante
Le marché des défenses d'éléphants et de rhinocéros est énorme en Chine. Ces produits présenteraient des vertus médicinales et sont utilisés à des fins décoratives. Les défenseurs de l'environnement s'en inquiètent et redoutent l'extinction des espèces si le commerce illégal n'est pas réfréné. La Chine représente le plus grand marché de consommateurs d'ivoire au monde.
Colman O'Criodain, expert du WWF en matière de commerce international des espèces sauvages, a réagi par courriel : « La plupart des pays sources et de transit ne prennent que des décisions dérisoires en vue d'endiguer le commerce, ce qui explique partiellement l’ampleur du commerce illégal. La Chine en porte alors la responsabilité. Étant donné que la Chine devient de plus en plus riche (d'où une demande en hausse), des mesures supplémentaires sont nécessaires dans le pays. »
La coupe illégale des ailerons de requin, utilisés dans une soupe chinoise raffinée, préoccupe grandement les biologistes. Ils mettent en garde contre les lourdes conséquences de cette pratique sur la biodiversité dans l'océan. L’Empire du Milieu est le plus grand marché pour les ailerons de requin.
Selon M. O'Criodain, les populations de requins sont particulièrement vulnérables à la surpêche en raison de leurs taux de fécondité et de reproduction peu élevés.
« Ces nageoires rapportent gros en Chine », a-t-il déclaré. « La plupart des pêcheries ne sont pas réglementées, les pêcheurs ont donc tout le loisir de maximiser leur prise. Elles ne conservent par exemple que les ailerons et jettent le reste de la carcasse. »
La Commission européenne espère que l'accord entre l'UE et la Chine constituera une étape importante dans la lutte contre le commerce illégal d'espèces.
Joe Hennon, porte-parole de la Commission européenne pour l'environnement, a expliqué à EURACTIV : « Nous l'espérons. Cela dépend toutefois de la poursuite des négociations. »
Selon la Commission, la Chine est un partenaire important dans la CITES en raison de ses relations avec des États africains dans le domaine de la protection des ressources et de la faune et de la flore.
Négociations
L'accord permettra également au Conseil de l'UE de renforcer sa position de négociations, car il souhaite éviter toute surprise le jour des négociations.
« Le lobbying et la conclusion d’accords surviennent au cours des mois précédant la [réunion sur la] CITES. Il est difficile d'influencer le débat quand vous entamez les négociations le jour de votre arrivée », a déclaré M. Hennon.