L’UE renforce sa vigilance en Grèce, mais débloque 5,9 milliards

En échange du déblocage du deuxième plan d’aide, Bruxelles demande la mise en œuvre exhaustive des réformes structurelles "génératrices de croissance", et annonce une surveillance accrue.

EURACTIV.fr
f9b0cab5c575490f7cde31d6965e19dc.jpg
f9b0cab5c575490f7cde31d6965e19dc.jpg

En échange du déblocage du deuxième plan d’aide, Bruxelles demande la mise en œuvre exhaustive des réformes structurelles « génératrices de croissance », et annonce une surveillance accrue.

La Grèce recevra 5,9 milliards d’euros de l’Union européenne lundi 19 mars, a annoncé la Commission européenne. C’est la première tranche du deuxième plan d’aide accordé au pays. 

Dans le même temps, l’exécutif européen a décidé de renforcer le suivi de la mise en œuvre des réformes inscrites dans le deuxième programme d’ajustement pour la Grèce, a déclaré le représentant de la Commission européenne au sein de la troïka (BCE, UE, FMI) Matthias Mors. L’objectif est de détecter le plus tôt possible tout dérapage de la trajectoire de réforme convenue.

La Commission européenne a également annoncé avoir réorienté le second programme vers la croissance le marché du travail. Les objectifs principaux restent néanmoins les mêmes : assainissement budgétaire et mise en œuvre des réformes structurelles, en particulier de l’administration.

Progrès mitigés

La première série de mesures demandée à la grèce dès mai 2010 n’a pas été vraiment mise en oeuvre. Selon Matthias Mors, les progrès du pays sont « mitigés ». Les avancées les plus importantes ont été la réformes des retraites, la mise en place du plan de privatisations, pour l’instant inabouti, et la réduction du déficit budgétaire.

« Soyons prudents quand on critique la Grèce sur le déficit », a par ailleurs déclaré M. Mors. Les économies faites par le pays s’élèvent à 7,7% du PIB pour la période, ce qui a permis au gouvernement de ramener le déficit de 15,75% en 2009 à 9,25% en 2011. Dans le même temps, le PIB grec s’est contracté de plus de 11%, indique la Commission.  

L’objectif affiché par Bruxelles est d’arriver à un excédent du solde primaire (avant paiement des intérêts) de 4,5% en 2014. En 2012, la Grèce devrait atteindre un déficit de 1%. « L’ajustement à atteindre est encore loin. Il faut donc arriver à faire bouger les choses d’ici l’été », a déclaré Matthias Mors.

Mais l’assainissement du budget grec se heurte à divers obstacles. Les progrès en matière de réforme de l’administration fiscale, du contrôle efficace des dépenses et de la lutte contre l’évasion fiscale ont ainsi été « beaucoup trop timides », constate la Commission européenne dans un rapport rendu public vendredi 16 mars.

Coûts salariaux

Autre chantier : la productivité au travail. « Nous sommes plus ou moins à mi-chemin en ce qui concerne la réduction des coûts salariaux unitaires », c’est-à-dire le coût d’un salarié par rapport à sa production, estime Matthias Mors. Néanmoins, l’exécutif européen reconnaît les progrès réalisés ces deux dernières années.

Le gouvernement grec a réduit les salaires de 22% en général, et de 32% pour les jeunes de moins de 25 ans et un jeune sur deux est au chômage. Difficile donc d’imaginer que les salaires peuvent baisser davantage. Mais une augmentation de la productivité peut également faire baisser les coûts unitaires, souligne la Commission.

Insécurité politique

Les élections, qui auront lieu en avril ou en mai, sont comme une épée de Damoclès au-dessus de la mise en œuvre du deuxième programme d’ajustement, qui conditionne l’aidé financière à la Grèce. Selon les sondages actuels, le parti d’opposition conservateur « Nouvelle Démocratie », responsable du dérapage budgétaire entre 2004 et 2009, se trouve en tête. Mais c’est un gouvernement de coalition qui pourrait émerger du scrutin. 

La Commission européenne se veut rassurante. « Les chefs des deux partis principaux ont confirmé par écrit qu’ils allaient soutenir les objectifs et les politiques-clés du programme », a déclaré un porte-parole.