L’UE signe un pacte de pré-adhésion avec la Serbie

Un accord de stabilisation et d’association a été signé entre l’UE et la Serbie le 7 novembre. Il s’agit d’une étape majeure pour le pays sur la voie de l’adhésion à l’UE. Belgrade pourrait néanmoins faire davantage pour traduire en justice les criminels de guerre présumés, a indiqué le commissaire à l’Elargissement, Olli Rehn.

Un accord de stabilisation et d’association a été signé entre l’UE et la Serbie le 7 novembre. Il s’agit d’une étape majeure pour le pays sur la voie de l’adhésion à l’UE. Belgrade pourrait néanmoins faire davantage pour traduire en justice les criminels de guerre présumés, a indiqué le commissaire à l’Elargissement, Olli Rehn.

En bref :

La signature du pacte est un signe de reconnaissance des progrès accomplis par la Serbie au cours des douze derniers mois, notamment au sujet de la coopération avec le tribunal international de La Haye dans la poursuite des suspects de crimes de guerre toujours en liberté, a expliqué le commissaire à l’Elargissement le 6 novembre lors de la présentation du rapport sur les efforts de réformes des pays candidats et candidats potentiels à l’UE.

« Il s’agit d’un réel tournant pour la Serbie », a-t-il indiqué. 

La prochaine étape clé pour la Serbie sur la voie de l’adhésion à l’UE sera la signature de l’accord d’association et de stabilisation par tous les États membres. Celle-ci pourrait avoir lieu, si tout va bien, dès janvier 2008. 

La pleine coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie qui devrait conduire à la l’arrestation de Ratko Mladic, constitue cependant pour Olli Rehn une condition nécessaire à la signature finale de l’accord. 

Les responsables serbes affirment faire déjà tout leur possible et avoir perdu la trace de Ratko Mladic, l’ancien commandant de l’Armée serbe de Bosnie-Herzégovine, recherché pour génocide. Cependant, le procureur en chef de l’ONU pour les crimes de guerre, Carla del Ponte, pense qu’il se cache toujours en Serbie et que Belgrade a les moyens de le localiser et de l’arrêter (Lire EURACTIV 16/10/07).  

Le groupe militant Human Rights Watch critique la décision de l’UE, déclarant qu’elle pourrait réduire les efforts de la Serbie pour traduire en justice les criminels de guerre. Pour la directrice du bureau de Bruxelles de l’organisation, Lotte Leicht, le commissaire Olli Rehn « récompense la Serbie, alors qu’elle abrite un général accusé de génocide. Cela transmet le message que l’UE est prête à laisser courir ceux qui ont commis des crimes horribles et ignorer les victimes d’atrocités perpétrées au cœur de l’Europe ».

L’initiative de l’UE est un geste de soutien aux aspirations européennes de la Serbie à un moment où les relations entre les deux parties sont mises à l’épreuve par le désaccord sur le futur statut du Kosovo, la province séparatiste du Sud de la Serbie, sous administration internationale civile et militaire depuis le conflit de 1999.

Tandis que Belgrade refuse catégoriquement de céder cette province, un grand nombre de pays européens ont signalé qu’ils reconnaîtraient pas une déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, si les négociations actuelles échouent (EURACTIV 13/09/07). Le groupe de contact menant les négociations doit rendre son rapport à l’ONU d’ici le 10 décembre.