L’UE tire la sonnette d’alarme pour l’Espagne, la France, l’Italie et la Slovénie
La Commission européenne a mis en garde contre une aggravation des problèmes économiques en Espagne, en France et en Italie. Elle a ajouté que la Slovénie devait prendre des mesures urgentes face au risque d’une plus grande déstabilisation de l'ensemble de la zone euro.
La Commission européenne a mis en garde contre une aggravation des problèmes économiques en Espagne, en France et en Italie. Elle a ajouté que la Slovénie devait prendre des mesures urgentes face au risque d’une plus grande déstabilisation de l'ensemble de la zone euro.
La Commission a dévoilé mercredi (10 avril) son deuxième bilan approfondi des déséquilibres économiques de 13 États membres de l'UE. Elle s'est inquiétée de la France et de l'Italie, tout en incluant l'Espagne et la Slovénie parmi les pays pouvant être mis à l'amende s'ils ne rectifient pas le tir.
Ce système d'alertes précoces a été mis sur pied après les crises de la dette souveraine en Grèce, en Irlande et au Portugal et le renflouement forcé de quatre États membres.
« On peut considérer que les déséquilibres sont excessifs dans deux États membres, l'Espagne et la Slovénie », a déclaré la Commission, mentionnant des déficits et des dettes publiques élevés ainsi que des déséquilibres structurels du système bancaire et du marché de l'emploi.
L'Espagne a dû emprunter 40 milliards d'euros à la zone euro l'année dernière en vue de recapitaliser ses banques en difficulté. La Commission estime que des niveaux élevés de dette intérieure et extérieure posent des risques sérieux pour la croissance et la stabilité financière.
« Bien qu'un ajustement est en cours, l'ampleur des corrections nécessaires requiert une action politique continue et solide », a déclaré la Commission. Dans le cadre de la procédure, un pays qui ne prend pas les mesures nécessaires pour remédier aux déséquilibres macroéconomiques excessifs risque une amende de 0,1 % du PIB de l'UE.
La France et l'Italie
Les signes de déséquilibres en France et en Italie sont peut-être encore plus inquiétants, même s'ils ne sont pas encore jugés « excessifs ».
Si ces problèmes s'aggravent, cela voudrait dire que quasiment aucune économie de l'UE, à l'exception peut-être de l'Allemagne, n'est à l'abri de la crise de la dette et que les coûts d'emprunt dans l'ensemble de la région pourraient augmenter pour refléter ce risque.
La Commission estime que la résilience de la France aux chocs extérieurs « diminue » et que ses perspectives de croissance à moyen terme sont « de plus en plus entravées par des déséquilibres de longue date ».
La part de la France sur le marché à l'exportation de l'UE a baissé de 11,2 % entre 2006 et 2011, selon le rapport, tandis que l'augmentation du coût du travail dans le pays a porté atteinte à sa compétitivité.
« Il nous faut réduire les risques d'effets baissiers sur le fonctionnement de l'économie française et l'ensemble de la zone euro », a déclaré à des journalistes Olli Rehn, le commissaire en charge des affaires économiques et monétaires. Il faisait référence à la détérioration des performances à l'exportation de la France et au niveau élevé de sa dette.
« Pourquoi ? Parce que la France est un pays du noyau dur, la France est, en termes de taille et de positionnement économique, un membre très important de la zone euro. »
L'UE a lancé des avertissements similaires sur l'Italie, où la dette publique devrait atteindre 130 % du PIB, bien au-delà du niveau jugé soutenable, même si la Commission a aussi estimé que son déficit budgétaire était largement maîtrisé.
L'Espagne et la Slovénie
L'Espagne et la Slovénie, qui risquerait de devenir le cinquième pays de la zone euro à nécessiter un renflouement souverain, pourraient être confrontées à des amendes si elles ne corrigent les déséquilibres de leur économie.
« Les évolutions de l'année dernière, dont la nouvelle contraction de l'activité économique, la hausse du chômage et le besoin de soutien public en faveur d'une recapitalisation de plusieurs banques, ont exposé les vulnérabilités représentées par ces déséquilibres pour la croissance, les finances publiques et la stabilité financière », a déclaré la Commission à propos de l'Espagne.
En Espagne, le chômage devrait atteindre 27 % cette année, alors que le pays connait sa deuxième année complète de récession. La contraction économique pourrait s'étendre jusqu'en 2014, a indiqué l'exécutif européen.
Les réformes qui visent à améliorer les finances publiques, à créer des emplois et à augmenter la compétitivité sont en cours, mais pas encore terminées. Elles n'ont pas encore porté leurs fruits, selon la Commission.
La Slovénie est également confrontée à des risques substantiels pour la stabilité de son secteur financier en raison de l’endettement et du processus de désendettement des entreprises ainsi que des liens du secteur avec les finances publiques.
Un large portefeuille de créances douteuses menace la stabilité des banques slovènes et les investisseurs craignent que la Slovénie ne soit le prochain pays à demander des prêts d'urgence à la zone euro.
« Une action politique urgente est nécessaire pour mettre fin à l'accumulation rapide de ces déséquilibres et les corriger », a déclaré la Commission.
L’exécutif européen laisse penser que la Slovénie devrait recapitaliser et privatiser ses banques ainsi que liquider des entreprises publiques en vue d'entraîner des investissements étrangers et de maîtriser les salaires afin de rendre les exportations plus attrayantes.
Les deux pays doivent faire savoir à la Commission d'ici la fin du mois d'avril de quelle manière ils comptent s'attaquer aux problèmes. L'exécutif européen émettra des recommandations à leur encontre à la fin du mois de mai.