L’UE veut plus d’équité dans ses rapports commerciaux internationaux

La Commission européenne a présenté, mardi 9 novembre, son projet de nouvelle politique commerciale.

EURACTIV.fr

La Commission européenne a présenté, mardi 9 novembre, son projet de nouvelle politique commerciale.

« Réduire les obstacles au commerce, ouvrir les marchés mondiaux et obtenir des conditions équitables pour les entreprises européennes ». Tel est le leitmotiv de la nouvelle stratégie commerciale européenne exposée dans la communication de la Commission, présentée mardi 9 novembre. 

Ce texte va dans le sens du souhait de réciprocité dans les échanges commerciaux de l’UE, formulé par les chefs d’État et de gouvernement européens lors de leur réunion sur les partenariats stratégiques, le 16 septembre. 

Il faut « redresser l’équilibre entre des marchés ouverts dans l’UE (…) et des marchés plus fermés chez nos partenaires commerciaux », estime l’exécutif européen dans son communiqué de presse. Ce rééquilibrage vise à permettre aux entreprises européennes de mieux accéder aux marchés mondiaux.

Propositions

A cet effet la Commission prévoit notamment de rédiger en  2011 « une proposition législative en faveur d’un instrument de l’UE qui permettra de garantir et d’accroître la symétrie de l’accès aux marchés publics dans les pays développés et dans les grandes économies de marché émergentes », précise le texte.

Autres priorités établies par l’UE, la conclusion d’ici 2011, des négociations de Doha amorcées en 2001 dans le cadre de l’OMC. Ces accords permettraient à l’Europe d’approfondir ses relations commerciales avec ses partenaires stratégiques comme les États Unis, le Japon ou la Chine.  

La Commission souhaite aussi « accomplir des progrès significatifs dans les négociations commerciales bilatérales en cours », et notamment « achever » des accords de libre-échange avec l’Inde et le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay).

POSITIONS

Selon la Commission, la mise en place d’une nouvelle stratégie commerciale active permettra aux pays membres de relancer la croissance économique, de créer des emplois et d’offrir un choix plus large pour les consommateurs.

« Une stratégie commerciale renouvelée ouvrira des marchés et reliera l’Europe aux principales sources et régions de croissance mondiale », a déclaré le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht lors de la présentation du projet sur la politique commerciale européenne.

Dans un communiqué de presse, la ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie Christine Lagarde et le secrétaire d’État chargé du commerce extérieur Pierre Lellouche ont apporté leur soutien à la stratégie de la Commission, rappelant qu’elle s’inscrit dans « l’esprit des conclusions du Conseil européen du 16 septembre (…) en faveur de davantage de fermeté et de réciprocité en matière commerciale au bénéfice de l’UE ». Ils ont souligné « le caractère structurant » des enjeux commerciaux pour le « développement d’une politique européenne cruciale pour la croissance de l’économie, l’emploi et la prospérité en France et dans l’Union ».  

« Sur le principe, je soutiens la nouvelle stratégie de la Commission, a déclaré l’eurodéputé  Daniel Caspary, coordinateur de la commission sur le commerce pour le groupe PPE, mais elle doit être correctement mise en œuvre, contrairement à la précédente stratégie européenne globale qui n’a pas réussi à atteindre ses objectifs ».

Quant à Eurochambres, la fédération européenne des chambres de commerce, elle accueille d’autant mieux ce projet qu’il est en accord avec les principaux objectifs identifiés par la fédération. « La stratégie commerciale de la Commission confirme le besoin d’une politique économique européenne plus forte. Nous attendons maintenant de voir quels instruments va proposer l’UE dans sa révision du « Small business act » pour atteindre ces objectifs », a déclaré le secrétaire général d’Eurochambres Arnaldo Abruzzini.