L’Ukraine ne veut plus de gaz européen

L'Ukraine ne souhaite plus acheter du gaz en Europe. Elle préfère s'approvisionner exclusivement en Russie en raison des tarifs plus intéressants.

EURACTIV.fr
eduard_stavitsky.jpg
eduard_stavitsky.jpg

L'Ukraine ne souhaite plus acheter du gaz en Europe. Elle préfère s'approvisionner exclusivement en Russie en raison des tarifs plus intéressants.

Le géant russe Gazprom a diminué les prix de son gaz naturel d'un tiers, après l'accord d'Union douanière signé en décembre entre la Russie et l'Ukraine. Kiev a immédiatement suspendu ses importations de gaz naturel venant des pays européens. Depuis le début de l'année, l'Ukraine n'a donc rien importé en provenance d'Europe.

En 2013, Kiev avait importé de Russie, son principal fournisseur, entre 26 et 27 milliards de mètres cubes (mmc) en 2013, soit 293 euros/mille mètres cubes. En décembre 2013, la Russie a toutefois décidé de revoir ses prix à la baisse après le refus de Kiev d'adhérer à un accord de libre-échange avec l'Union européenne. Moscou offre désormais son gaz au prix de 196 euros/mille mètres cubes.

Ces dernières années, l'UE a mis en place un système de « flux inversés » de gaz, c’est-à-dire un système qui permet d’acheminer le gaz depuis la Pologne, la Hongrie et plus récemment la Slovaquie vers l'Ukraine. Même si ce gaz provenait au départ de Russie, son prix était moins élevé que les 293 euros/mille mètres cubes que payait Kiev jusqu’il y a peu.

La Pologne et la Hongrie ont exporté vers l’Ukraine près de 2 mmc de gaz naturel en 2013.

D’après l'accord de décembre entre l'Ukraine et la Russie, le niveau des prix du gaz doit être rediscuté tous les trimestres. Moscou utilise ce levier financier pour éviter que Kiev ne tente de se rapprocher de l'UE.

Interrogée par EURACTIV à ce sujet, la Commission a répondu le 10 janvier qu'elle avait pris bonne note des articles de presse révélant le refus de Kiev d'acheminer du gaz en provenance de l’UE.

« Les flux de gaz inversés permettraient à l'Ukraine d'augmenter la concurrence et la sécurité d'approvisionnement. La Commission agit en tant que médiateur, mais il revient au pays et aux entreprises concernées de prendre une décision sur les flux inversés », a expliqué Sabine Berger, porte-parole du commissaire en charge de l'énergie, Günter Oettinger.

Elle a ajouté que la Commission restait disposée à réformer le secteur ukrainien de l'énergie en conformité avec ses engagements contenus dans le traité fondateur de la Communauté de l'énergie. Selon certains spécialistes dans le domaine énergétique, la Russie fait pression sur l'Ukraine pour qu'elle se retire de la Communauté de l'énergie, une initiative de l'UE visant à rapprocher les normes et législations des pays voisins avec celles européennes.