L’Ukraine veut devenir un « centre énergétique » pour l’Europe

L’Ukraine se prépare à devenir un centre énergétique afin de produire son propre gaz, de développer des installations de stockage et d’effectuer des importations de l’Union européenne et de la Russie, a déclaré le ministre ukrainien de l’énergie lors d’un déplacement.

EURACTIV.com / Reuters
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L’Ukraine se prépare à devenir un centre énergétique afin de produire son propre gaz, de développer des installations de stockage et d’effectuer des importations de l’Union européenne et de la Russie, a déclaré le ministre ukrainien de l’énergie lors d’un déplacement.

L'Union européenne insiste sur la conclusion d'accords avec l'Ukraine d'ici la fin de l'année, car les deux parties cherchent à réduire la position dominante de la Russie en tant que fournisseur de gaz.

Kiev est toutefois confrontée à un dilemme : coopérer avec l’UE ou respecter la promesse de la Russie qui s'est engagée à réduire les factures de gaz de l'Ukraine en échange d'un contrôle de ses gazoducs.

À la fin du mois d'avril, le gouvernement ukrainien a demandé au parlement de lever une interdiction sur la privatisation de l'entreprise énergétique publique Naftogaz, qui contient des gazoducs qui acheminent du gaz russe vers l'Europe. Cette décision permettrait à Kiev de vendre ou de louer ces gazoducs au géant russe de l'exportation du gaz, Gazprom.

Le ministre ukrainien de l'énergie, Edouard Stavitski, et le commissaire européen en charge de l'énergie, Günther Oettinger, ont évoqué la possibilité d'une relation tripartite lors de discussions  à Bruxelles vendredi (3 mai).

« L'Ukraine essaie réellement de prendre en considération sa situation géopolitique et de créer un centre gazier. Nous pourrons ainsi effectuer des achats au comptant en Europe centrale », a expliqué M. Stavitski à des journalistes.

Selon M. Oettinger, les entreprises de l'UE souhaitent investir dans les infrastructures ukrainiennes. Il n'a pas cité d'investisseurs potentiels, mais des entreprises énergétiques, dont ExxonMobil et Royal Dutch Shell, étaient présentes lors de discussions à huis clos.  Personne n’était immédiatement disponible pour commenter.

Rénovation coûteuse d’infrastructures

M. Stavitski a déclaré que 420 millions d'euros étaient nécessaires pour moderniser les infrastructures ukrainiennes. Naftogaz pourrait fournir 183 millions, le reste proviendrait de prêts. 

Depuis la fin de l'année dernière, grâce à la technologie qui permet d'inverser les flux des gazoducs, l'Ukraine importe du gaz en provenance des États membres de l'UE, dont la Hongrie et l'Allemagne en passant par la Pologne. La Slovaquie tente en outre de développer cette technologie  et un essai est prévu ce mois-ci, a précisé Günther Oettinger.

Alors que la Commission européenne tente d'élargir son marché intérieur de l'énergie, elle travaille également au développement des capacités de stockage à grande échelle de l’Ukraine, ce qui pourrait éviter des pénuries en approvisionnement.

L'Ukraine dispose déjà d'une capacité de stockage de 31 milliards de mètres cubes (mmc) et, selon M. Stavitski, elle compte l'augmenter jusqu'à 50 mmc. À titre de comparaison, l'UE dans son ensemble détient 95 mmc.

Dans le passé, les flux gaziers vers l'UE ont été interrompus en raison de litiges entre l’Ukraine et la Russie sur le montant à payer pour l’approvisionnement.