La Banque centrale refuse de baisser ses taux directeurs

Malgré les multiples risques qui pèsent sur l’économie européenne, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir son principal taux directeur au niveau historiquement bas de 1%.

EURACTIV.fr
ad521403cd6d61e40f1bb0290d5b4352.jpg
ad521403cd6d61e40f1bb0290d5b4352.jpg

Malgré les multiples risques qui pèsent sur l’économie européenne, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir son principal taux directeur au niveau historiquement bas de 1%.

La décision a été prise par une large majorité des 22 membres du Conseil des gouverneurs. « Très peu de pays » s’étaient prononcés pour une baisse des taux auxquels les banques d’affaires peuvent emprunter de l’argent, a fini par préciser le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, mercredi 6 juin à Francfort.

Les gouvernements doivent agir

Certains observateurs avaient espéré que la BCE baisserait ses taux pour contribuer ainsi à la relance de l’économie européenne. Mario Draghi a, quant à lui, souligné qu’une grande partie des problèmes de la zone euro n’étaient pas liés à la politique monétaire. Elle « ne doit pas suppléer à l’inaction d’autres responsables », a-t-il déclaré.

La Banque centrale européenne a également annoncé qu’elle fournirait toutes les liquidités nécessaires aux banques d’ici le 15 janvier 2013 à travers ses opérations de refinancement ordinaires.

Nouvelle LTRO?

Toutefois, Mario Draghi a refusé de se prononcer sur une éventuelle troisième opération de financement à long-terme (LTRO). La BCE s’était servie de cet instrument non-standard à deux reprises fin 2011 et en février 2012 pour fournir des liquidités aux banques pour une période de trois ans à un taux très bas de 1%.

L’efficacité de cette manne de liquidité reste est difficile à mesurer. M. Draghi se dit convaincu que ces mesures exceptionnelles et temporaires ont contribué à éviter une pénurie de crédit.

Les tensions sur les marchés de la dette souveraine, et le mauvais fonctionnement du marché interbancaire continuent à peser sur les perspectives économiques de l’Europe, estime la BCE qui maintien sa prévision de croissance pour 2012 entre -0,5% à 0,3% du PIB. La Banque centrale européenne s’attend à une reprise graduelle de l’économie au cours de l’année.

Mais certains indicateurs envoient des signaux contraires. L’index du climat des affaires pour l’Allemagne, calculé par l’institut de recherche Ifo, a connu une baisse importante en mai 2012. L’indice des acheteurs européens de la société d’informations économiques Markit a enregistré la plus forte baisse au mois de mai depuis trois ans.

« Un regain d’incertitude, tant sur le plan politique qu’économique a, selon les entreprises interrogées, entravé l’activité, affaiblissant une demande déjà atone dans la zone euro comme à l’extérieur de celle-ci », a déclaré l’économiste en chef de Markit Chris Williamson, mardi 5 juin dans un communiqué.

Inflation au-dessus de 2%

Le taux d’inflation pour le mois de mai s’élevait à 2,4%, selon les premières estimations de la BCE. Il restera par ailleurs au-dessus du seuil ciblé de 2% pour le reste de l’année. Les principaux facteurs expliquant l’augmentation du niveau des prix sont l’augmentation du coût des matières premières et des taxes indirectes. Début 2013, l’inflation devrait de nouveau passer au-dessous des 2%, prédisent les services de la BCE.

MES

Le Président de la Banque centrale européenne s’est également prononcé sur l’idée de recapitaliser certaines banques en difficulté en leur fournissant directement des fonds du Fonds européens de stabilité financière (FESF) et mécanisme européen de stabilité (MES), sans passer par les gouvernements.

Pour Mario Draghi, le mécanisme de sauvetage deviendrait ainsi actionnaire des banques, ce qui n’est actuellement pas prévu dans les traités. Il faudrait donc modifier ces derniers, estime M. Draghi, pour lequel cela ne signifierait pourtant en aucun cas un assouplissement de la conditionnalité de l’aide apportée.

M. Draghi s’oppose ainsi aux responsables politiques allemands, qui craignent que l’intervention directe des fonds de sauvetage ne permette aux banques de bénéficier des fons publics sans devoir faire, en échange, des efforts de réforme.