La BCE abaisse les perspectives de croissance

Le Président Mario Draghi estime les injections de liquidités massives efficaces. Mais il a annoncé un retour à la politique monétaire classique.

EURACTIV.fr
ad521403cd6d61e40f1bb0290d5b4352.jpg
ad521403cd6d61e40f1bb0290d5b4352.jpg

Le Président Mario Draghi estime les injections de liquidités massives efficaces. Mais il a annoncé un retour à la politique monétaire classique.

La Banque centrale européenne (BCE) a une nouvelle fois abaissée ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2012 et s’attend désormais à un taux entre -0,5% et 0,3%. Comparées aux dernières estimations publiées en décembre 2011, les perspectives se sont légèrement assombries, a annoncé le président de la banque centrale Mario Draghi, jeudi 8 mars à l’issue du conseil des gouverneurs.

La BCE a également indiqué que la crise de la dette continuait à constituer un risque pour le développement de l’économie de la zone euro. La flambée des prix des matières premières pourrait également peser sur l’économie européenne.

Les taux directeurs définis par la BCE resteront inchangés (taux de refinancement à 1%). Les estimations pour l’inflation en 2012 ont été revues à la hausse. La BCE anticipe une augmentation des prix entre 2,1% et 2,7%, contre une fourchette de +1,5% à +2,5% en décembre 2011. Les raisons principales sont la montée des prix de l’énergie et l’augmentation des impôts indirects dans certains États de la zone euro.  

Mesures de refinancement à long terme

Mario Draghi s’est dit satisfait de l’efficacité des mesures de refinancement à long-terme (LTRO).

En décembre 2011 et en février 2012, la BCE a permis à environ 1300 banques européennes de bénéficier de prêts à hauteur de plus de 1000 milliards d’euros sur trois ans, à un taux très favorable de 1%.

Plusieurs banques françaises ont saisi l’occasion, a rapporté l’agence de presse Reuters le 2 mars en se référant à une analyse de Morgan Stanley.

Ces injections de liquidités massives dans le système bancaire ont permis de débloquer le marché interbancaire et sont susceptibles de stimuler l’activité de crédit des banques, estime Mario Draghi. « L’argent est maintenant plus près des petites et moyennes entreprises qu’avant », a-t-il déclaré.

Retour à la politique monétaire classique

Toutefois, le Président de la banque centrale européenne a rappelé que ces actions étaient « des mesures exceptionnelles pour des situations exceptionnelles ». « Nous devons retourner à la politique normale, classique d’une banque centrale », a-t-il ajouté. 

Cette annonce devrait rassurer la chancelière allemande Angela Merkel, qui s’était montrée inquiète, en marge du dernier Conseil européen, d’un possible détournement des masses de liquidité à des fins spéculatives.

Interrogé sur la critique allemande, Mario Draghi a rappelé que les décisions relatives aux LTRO ont été prises à l’unanimité par les gouverneurs.

Mario Draghi a appelé les gouvernements à faire, de leur côté, le nécessaire pour stabiliser l’économie de l’Europe. « Ils doivent consolider leurs budgets et réaliser des réformes structurelles », a souligné le chef de la BCE.