La BCE, objet de contradictions au sein du gouvernement

Pour Arnaud Montebourg, la Banque centrale européenne néglige la croissance et s'accommode d'un euro trop fort. Des propos largement tempérés par Pierre Moscovici.

EURACTIV.fr

Pour Arnaud Montebourg, la Banque centrale européenne néglige la croissance et s’accommode d’un euro trop fort. Des propos largement tempérés par Pierre Moscovici.

Sauveur de la zone euro ou institution déconnectée des besoins de l’Europe ? En s’exprimant sur le bilan de la Banque centrale européenne, les ministres Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici ont livré des opinions pour le moins contrastées.

Interrogé dimanche 3 mars sur Europe 1, le ministre du Redressement productif juge que « la Banque centrale européenne est remarquablement inactive, dans une période où on a besoin d’activisme et de volontarisme. Elle ne s’occupe pas de la croissance, elle ne s’occupe pas des chômeurs, elle ne s’occupe pas de la population européenne et elle a le devoir de le faire ».

Le niveau de la monnaie unique, déjà pointé du doigt par François Hollande début février, continue de faire débat. Mario Draghi, patron de la BCE, devrait  « commencer à dire que l’euro est surévalué ». Un véritable chiffon rouge pour l’Allemagne, qui redoute l’effet inflationnsiste de cette politique de change.

Sur RTL, le ministre de l’Economie n’a pas tardé à borner, voire contredire, les propos de son collègue, se faisant l’avocat de l’Italien. « Son rôle, c’est de veiller à la stabilité des prix, à la lutte contre l’inflation, c’est aussi de veiller à la pérennité et à l’intégrité de la zone euro. Il l’a fait remarquablement. Je ne crois pas pour parler avec lui que la question de la croissance soit étrangère à ses préoccupations. »