La BCE relève ses taux d'intérêt pour la première fois depuis 2023
La Banque a également revu à la hausse ses prévisions d'inflation pour cette année à 3 % et a abaissé ses prévisions de croissance à 0,8 %.
La Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux d’intérêt pour la première fois depuis près de trois ans, dans le but d’endiguer la flambée des prix provoquée par la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
La décision prise jeudi, largement anticipée par les investisseurs et les analystes, porte le taux directeur de la BCE de 2 % à 2,25 %. Il s’agit de la première hausse des taux de la BCE depuis septembre 2023, lorsque le taux de la facilité de dépôt de la banque avait atteint un pic record de 4 %. Le Conseil des gouverneurs, principal organe décisionnel de la banque, avait maintenu ses taux inchangés depuis juin 2025.
« La guerre au Moyen-Orient génère des pressions inflationnistes, et la décision de relever les taux est justifiée dans toute une série de scénarios décrivant comment ce choc pourrait évoluer et affecter les perspectives à moyen terme pour la zone euro », a déclaré la BCE dans un communiqué.
L’euro est resté globalement stable face au dollar à la suite de cette décision, s’échangeant à environ 1,1538 $.
L’inflation dans la zone euro, qui compte 21 pays, n’a cessé d’augmenter depuis l’attaque américano-israélienne contre l’Iran fin février. La guerre a détruit une grande partie des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient et conduit Téhéran et Washington à imposer un double blocus du détroit d’Ormuz, une voie navigable stratégiquement cruciale par laquelle transite habituellement un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz.
La flambée des coûts énergétiques a entraîné une hausse de l’inflation globale dans la zone euro, qui est passée de 3 % en avril à 3,2 % en mai, selon Eurostat. Mais l’inflation sous-jacente, qui exclut les coûts volatils de l’énergie et des denrées alimentaires, a également augmenté, passant de 2,2 % à 2,5 %. L’objectif de la BCE est de 2 %.
Parallèlement à cette décision sur les taux, la BCE a relevé ses prévisions d’inflation pour cette année à 3 %, contre 2,6 % dans ses prévisions précédentes de mars. La banque a également abaissé ses prévisions de croissance pour cette année de 0,1 point de pourcentage, à 0,8 %.
Cette décision intervient également dans un contexte d’inquiétude croissante quant à une possible reprise de la guerre en Iran, qui a fait l’objet d’un cessez-le-feu fragile au cours des deux derniers mois. L’Iran et les États-Unis se sont livrés à des frappes réciproques hier, dans le dernier épisode en date depuis que Téhéran a abattu un hélicoptère américain lundi.
« Avec la décision d’aujourd’hui, le Conseil des gouverneurs reste bien placé pour faire face à l’incertitude causée par la guerre », a déclaré la BCE, ajoutant qu’elle ne « s’engage pas à l’avance sur une trajectoire particulière des taux » et qu’elle adopterait une « approche dépendante des données et réunion par réunion » en matière de politique monétaire.
Christine Lagarde, présidente de la BCE, s’adressera aux journalistes dans le courant de l’après-midi.
(ow, mm)