La Belgique et Engie vont signer le contrat relatif au redémarrage des réacteurs nucléaires prolongés
L’énergéticien français Engie et le gouvernement belge devraient signer ce vendredi des documents contractuels définissant les modalités du redémarrage de Doel 4 et Tihange 3 à partir de l’hiver 2025.
L’énergéticien français Engie et le gouvernement belge devraient signer, ce vendredi (21 juillet), des documents contractuels définissant les modalités du redémarrage de Doel 4 et Tihange 3 à partir de l’hiver 2025.
En juin, le gouvernement et l’opérateur des centrales belges, Engie, ont conclu un accord sur la prolongation de deux réacteurs nucléaires, Tihange 3 et Doel 4. Elle avait été décidée en janvier en raison de l’avenir incertain de l’approvisionnement énergétique du pays.
Un accord était attendu pour la fin du mois de juillet, et il devrait être signé ce vendredi, a-t-on appris dans la presse belge jeudi.
Selon les informations obtenues par L’Écho, le redémarrage de Doel 4 (1 039 MW) et de Tihange 3 (1 038 MW) — les réacteurs les plus récents et possédant la plus grande puissance de Belgique — est prévu pour l’hiver 2025-2026, tandis que les travaux requis par la prolongation s’étaleront sur plusieurs années.
Les réacteurs devaient initialement reprendre leurs activités en 2026, mais avec cette option, la Belgique risquait de manquer de capacité de production d’électricité. La solution finalement trouvée devrait donc combiner à la fois la sécurité énergétique et la sûreté des installations nucléaires.
Les documents ont déjà été approuvés par le conseil d’administration d’Engie, mais le conseil des ministres restreint (appelé le « kern ») estime qu’il y a certains « éléments bloquants », ajoute L’Écho.
L’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a annoncé dans un communiqué qu’elle avait envoyé à Engie ses recommandations et attentes en matière de sûreté nucléaire pour la poursuite de l’exploitation des réacteurs, a rapporté l’agence de presse Belga.
Elle a également déclaré que tous « les travaux d’amélioration nécessaires à la sûreté nucléaire […] doivent être finalisés d’ici 2028. Ceci pour permettre un fonctionnement des deux réacteurs dès l’hiver 2025-2026 ».
Engie travaille à présent sur les plans d’action concrets à mettre en œuvre ainsi que sur un calendrier. L’opérateur devra ensuite recevoir le feu vert de l’AFCN, qui doit s’assurer que la priorité est donnée aux travaux les plus importants pour la sûreté nucléaire, a précisé l’Agence.
Pour le rappel, la Belgique a définitivement fermé deux réacteurs nucléaires — Doel 3 (1006 MW) et Tihange 2 —, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité d’approvisionnement du pays, en particulier au vu de la crise énergétique. C’est pourquoi deux réacteurs qui devaient être fermés en 2025 conformément à la loi belge de 2003 sur la sortie du nucléaire, Doel 4 et Tihange 3, ont finalement été prolongés.
Avant les fermetures, la capacité totale de la centrale de Doel était de 2 935 mégawatts (MW), contre 3 008 MW pour Tihange. Ensemble, les deux seules centrales électriques de Belgique représentaient 50 % de la consommation annuelle d’électricité du pays, soit 42 milliards de kWh par an.
Investir dans les SMR
Parallèlement à cette annonce, le vice-Premier ministre David Clarinval, a annoncé jeudi sur Twitter que le gouvernement avait confirmé « une enveloppe de 100 millions d’euros pour le développement de petits réacteurs SMR [petits réacteurs modulaires] ».
Le ministre explique ensuite que la première phase du programme s’étend sur 15 ans et vise « l’opérationnalisation d’un premier SMR en 2040 ».
Le gouvernement souhaite développer des SMR refroidis au plomb « par le biais d’un consortium international qui possède des connaissances et de l’expérience dans le design et la construction de réacteurs », poursuit-il.
En octobre dernier, une étude de l’organisme de recherche EnergyVille affirmait que la combinaison de nouveaux petits réacteurs nucléaires et d’une augmentation de l’énergie éolienne offshore constitue l’option la moins coûteuse pour rendre la Belgique climatiquement neutre d’ici 2050 au coût sociétal le plus bas, en garantissant la sécurité d’approvisionnement et en respectant la neutralité technologique, le tout sans réduire la production industrielle actuelle du pays.
L’étude soulignait également que de nouvelles capacités nucléaires permettraient de réduire considérablement le coût moyen de l’énergie en 2050.
La Belgique est le deuxième pays au monde en termes de capacité offshore par habitant, juste derrière le Danemark. Selon le gouvernement belge, les parcs éoliens belges en mer du Nord produisent 2,26 GW d’énergie offshore, et l’objectif est de tripler cette production d’ici 2030 pour atteindre 6 GW.