La Belgique toujours dans l'impasse
Hier (7 juillet), la N-VA, le parti séparatiste flamand, a rejeté la proposition d'Elio Di Rupo vouée à relancer les négociations de coalition dans le pays. Ce « non » prolongera encore des discussions qui durent depuis déjà 13 mois, et qui ont pour but de former un gouvernement suite aux élections.
Hier (7 juillet), la N-VA, le parti séparatiste flamand, a rejeté la proposition d'Elio Di Rupo vouée à relancer les négociations de coalition dans le pays. Ce « non » prolongera encore des discussions qui durent depuis déjà 13 mois, et qui ont pour but de former un gouvernement suite aux élections.
Le leader de la N-VA, Bart De Wever, a déclaré lors d'une conférence de presse que la note présentée lundi par le socialiste francophone Elio Di Rupo, l'homme auquel le roi des Belges a demandé de former un nouveau gouvernement, ne constituait pas une base assez solide pour des négociations fructueuses.
Nous ne savons toujours pas ce qu'il va se passer à présent. L'une des possibilités, de plus en plus envisagée, serait la tenue de nouvelles élections, même si les résultats pourraient bien octroyer le même degré de pouvoir aux mêmes partis.
M. De Wever a expliqué qu'il s'était d'abord montré favorable à la note de 111 pages de M. Di Rupo qui comprend notamment 22 milliards d'euros de resserrement budgétaire d'ici 2015 et une plus grande autonomie fiscale pour les régions, comme l'avaient demandé les Flamands.
« Malheureusement, après lecture minutieuse de la note, analyse technique par notre équipe et par des experts extérieurs, la N-VA a décidé que cette note n'était pas une bonne base pour entamer des négociations », a affirmé M. De Wever.
Tous les partis francophones et certains partis néerlandophones avaient déjà accepté de relancer les discussions sur les partenaires de coalition.
En théorie, ils pourraient tout de même continuer les discussions, mais ils ne souhaitent pas le faire sans le N-VA, le grand vainqueur des élections législatives de juin 2010.
Les dirigeants des partis flamands craignent surtout que l'exclusion de ce parti ne déclenche une ferveur séparatiste dans les Flandres néerlandophones, ce qui pourrait valoir encore plus de voix à la N-VA aux prochaines élections.
L'impossibilité de former un nouveau gouvernement et une dette publique d'environ 96 % du PIB ont fait grimper les coûts de l'emprunt pour la Belgique.
La prime que les investisseurs demandent pour acheter de la dette belge à 10 ans était 1,2 point de pourcentage supérieure à celle demandée pour les obligations allemandes jeudi, bien au-delà des niveaux d'avant la crise.
La Belgique est dans la ligne de mire des marchés financiers depuis la fin de l'année dernière, lorsque Standard & Poor'sa prévenu qu'elle pourrait dégrader la note AA+ du pays, une perspective négative confirmée par Fitchen mai.
Le premier ministre belge du gouvernement en affaires courantes et le ministre des finances ont rencontré des investisseurs à Londres à la fin du mois dernier, leur demandant de se concentrer sur la croissance de l'économie belge et sur sa solidité, plutôt que sur la stagnation de la situation politique.
EURACTIV avec Reuters– Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet