La BERD s'inquiète de l'exode des capitaux en Europe de l'Est
Les régulateurs financiers et les institutions commencent à s'accorder sur la nécessité d'une nouvelle initiative de Vienne pour contrer l'exode des capitaux de l'Europe émergente, a déclaré Erik Berglöf aujourd'hui (17 janvier).
Les régulateurs financiers et les institutions commencent à s'accorder sur la nécessité d'une nouvelle initiative de Vienne pour contrer l'exode des capitaux de l'Europe émergente, a déclaré Erik Berglöf aujourd'hui (17 janvier).
Erik Berglöf, économiste en chef de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), s'est exprimé lors de la conférence Euromoney à Vienne, a rapporté Reuters.
Lundi, des membres d'organes de réglementation, d'organismes de prêt internationaux et d'autres organisations se sont rencontrés à Vienne pour envisager de coordonner leurs politiques afin d'empêcher que les banques occidentales ne quittent les pays d'Europe centrale et orientale qui dépendent de leurs capitaux.
« Un consensus remarquable est ressorti de cette réunion », a déclaré M. Berglöf. « A présent, il est temps de s'asseoir autour d'une table avec le secteur privé et de régler les détails. »
L'« initiative de Vienne » a été mise en place en 2009 suite à la crise financière mondiale par la Banque centrale européenne (BCE), la BERD, les régulateurs nationaux et les banques ayant des filiales en Europe centrale et orientale.
A cette occasion, les banques ont décidé de maintenir leur présence dans la région et de recapitaliser leurs filiales grâce à des fonds de l'UE et du Fonds monétaire international. Cette initiative a cependant pris fin en avril 2011.
Douze des 16 principales banques occidentales présentes en Europe orientale pourraient décider de réduire leurs activités en dehors de leurs marchés nationaux pour renforcer leurs capitaux, a récemment rapporté le réseau EURACTIV.
De nombreuses banques influentes dans la région, dont l'Italienne UniCredit, la Belge KBC, l'Allemande Commerzbank et l'Autrichienne Raiffeisen, ont souffert de la crise de la dette dans la zone euro. Plusieurs d'entre elles limiteraient leurs disponibilités de crédit pour l'Europe de l'Est afin de recapitaliser leur siège.
Suite à la dégradation de la note AAA de l'Autriche par Standard & Poor's, en partie due à l'exposition de ses banques à l'étranger, M. Berglöf a expliqué que les banques pourraient décider de réduire leur exposition en Europe centrale et orientale.
Il a ajouté que le pays le plus menacé était la Hongrie, en raison de ses finances publiques en difficulté, mais également des mesures adoptées récemment par le gouvernement concernant les banques étrangères.
Comme EURACTIV Hongrie l'expliquait en juillet 2010, la taxe bancaire introduite par les autorités à Budapest a déclenché un tollé dans le monde des affaires. Plus récemment, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a demandé au premier ministre hongrois, Viktor Orbán, d'annuler des textes de loi qui pourraient menacer l'indépendance de la banque centrale. Une procédure d’infraction contre la Hongrie devrait être annoncée plus tard dans la journée.
La BERD travaille également avec la Bulgarie, la Roumanie et la Serbie qui sont particulièrement exposées à la crise de la dette grecque, a précisé M. Berglöf. Il a expliqué que la BERD recapitalisait les filiales locales des banques grecques pour combler le manque d'entrées de capitaux en provenance des sièges des banques.
La Commission européenne a publié un communiqué sur les résultats de la réunion sur l'initiative de Vienne pour la coordination des banques européennes qui a eu lieu hier dans la capitale autrichienne.
Bien que les circonstances de la crise actuelle diffèrent de celle de 2009, une action collective est nécessaire pour éviter des résultats sous-optimaux : il s'agit de Vienne 2.0, peut-on lire dans le communiqué.