La Bulgare Bokova devient la première femme à la tête de l’UNESCO [FR]
Hier (22 septembre), la diplomate bulgare Irina Bokova est devenue la première femme et la première personne issue d’Europe de l’Est à diriger l’UNESCO, l’organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture.
Hier (22 septembre), la diplomate bulgare Irina Bokova est devenue la première femme et la première personne issue d’Europe de l’Est à diriger l’UNESCO, l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.
Mme Bokova est la gagnante surprise d’une longue procédure d’élection à cinq tours, qui a débuté le 7 septembre. Huit candidats étaient en lice pour l’élection, dont la commissaire européenne aux Relations extérieures et à la politique de voisinage, l’autrichienne Benita Ferrero-Waldner, qui a été dépassée lors du troisième tour de vote.
Lors du dernier tour organisé au petit matin mardi, Mme Bokova a battu le favori, l’Egyptien Faruq Hosni, par 31 voix contre 27. M. Hosni, ministre de la culture de son pays, est accusé par certains d’antisémitisme, après des déclarations selon lesquelles il jetterait lui-même dans les flammes des livres israéliens s’il en trouvait dans une bibliothèque égyptienne. M. Hosni s’est ultérieurement excusé pour cette déclaration.
Mme Bokova, 57 ans, diplomate de carrière responsable de l’intégration européenne au milieu des années 90 quand la Bulgarie se porta candidate à l’adhésion à l’UE, est devenue la candidate de l’UE après que Mme Ferrero-Waldner et une candidate lituanienne, Ina Marciulionyte, aient été exclues par vote. Elle disposait aussi du soutien des Etats-Unis.
Dans une certaine mesure, le vote a opposé les pays arabes, qui n’ont jamais occupé le poste suprême de l’UNESCO, et le monde occidental, y compris l’Europe élargie.
Mais Mme Bokova a immédiatement exclu toute différence culturelle ou de civilisation au sein de l’organisation.
J’espère que nous resterons unis, avec les représentants du monde arabe bien sûr mais aussi avec tous les groupes régionaux de l’UNESCO, parce que je n’ai jamais cru au choc des civilisations, a déclaré Mme Bokova, s’exprimant en français dans une courte déclaration après son élection, citée par la Radio nationale bulgare.
La raison d’être de l’UNESCO est d’apporter la tolérance et le dialogue. Sa tâche est la diversité culturelle. Il nous faut un nouvel humanisme, ce qui était le point central de mon programme, « Le nouvel humanisme du 21e siècle », a expliqué la directrice bulgare de l’UNESCO, ajoutant que tous ses adversaires pour le poste avaient d’excellentes idées qu’elle n’hésiterait pas à emprunter.
Un vote non dirigé contre l’Egypte
L’Egypte a admis que le vote (à Paris) portait contre le candidat, et non contre l’Egypte en tant que pays clé du monde arabe.
Je suis certain que les relations entre nous et les pays, quelque soient leurs votes, resteront comme elles l’étaient auparavant. Je ne pense pas qu’elles en seront affectées, a déclaré le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Maher, cité par Reuters.
J’ai bien dit à la délégation égyptienne que j’espérais que nous collaborerions au sein de l’UNESCO parce que je ne pense pas qu’il existe ce qu’on appelle un « choc des civilisations », a déclaré Mme Bokova.
Des personnalités clés du paysage politique français comme Simone Veil, survivante d’un camp de concentration nazi et ancienne présidente du Parlement européen, et le philosophe Bernard-Henri Lévy, ont fait intensément campagne pour Mme Bokova et contre M. Hosni ces derniers jours.
Mme Bokova est politiquement affiliée au parti socialiste bulgare, maintenant dans l’opposition, et sa candidature a été avancée par le gouvernement précédent.
Les pays de l’UE ont demandé au nouveau premier ministre bulgare Boïko Borissov, dont le parti GERB est affilié au Parti populaire européen, s’il soutenait encore Mme Bokova. M. Borissov a déclaré que la Bulgarie soutenait fermement sa candidate, selon des sources diplomatiques qui se sont ouvertes à EURACTIV.