La Bulgarie plaide pour un nouveau sommet UE-Turquie sur la question migratoire
La Bulgarie a proposé de devenir le pays organisateur et le médiateur d’un sommet consacré à la crise migratoire entre l’UE et la Turquie, a déclaré le président du Parlement, après s’être entretenu avec le président turc, mardi.
La Bulgarie a proposé de devenir le pays organisateur et le médiateur d’un sommet consacré à la crise migratoire entre l’Union européenne et la Turquie, a déclaré le président du Parlement, Vejdi Rashidov, après s’être entretenu avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan, mardi (20 décembre).
M. Rashidov — bulgare d’origine turque et membre du parti de centre droit GERB de l’ancien Premier ministre bulgare Boyko Borissov — qui a été élu président du Parlement en raison de sa grande popularité auprès de l’assemblée, a rencontré le chef de l’État turc mardi.
« J’ai demandé à M. Erdogan la permission pour la Bulgarie de devenir l’hôte et l’acteur principal des négociations liées au problème de la migration, car il est important pour nous d’être une force motrice », a déclaré M. Rashidov à l’issue de sa rencontre avec M. Erdogan, cité par l’agence d’État BTA.
La Bulgarie doit être active et entretenir de bonnes relations avec tous les pays, car il s’agit de la « frontière bulgare », a ajouté le président du Parlement.
L’ancien Premier ministre et leader du GERB Boyko Borissov, qui a remporté les élections en octobre mais ne dispose pas du soutien nécessaire pour former un gouvernement, avait organisé il y a quatre ans un sommet sur la crise migratoire réunissant M. Erdogan et les dirigeants européens dans la ville de Varna, sur les bords de la mer Noire.
À l’époque, M. Borissov était en excellents termes avec M. Erdogan et de nombreux pays européens le considéraient comme un émissaire entre Bruxelles, Berlin et Ankara. Les autorités bulgares ont même renvoyé des Gülenistes en Turquie, suite à la promesse formulée par M. Erdogan de les faire revenir en Turquie.
Le déplacement de M. Rashidov en Turquie peut en effet être considéré comme une tentative de résolution de la dispute diplomatique avec l’Autriche et les Pays-Bas. Ces deux pays ont bloqué l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen il y a tout juste dix jours.
Parallèlement, le président Rumen Radev a tenté d’obtenir la fixation d’une date exacte au dernier Conseil européen concernant l’admission de la Bulgarie dans l’espace Schengen et a demandé des garanties quant à l’entrée du pays à Schengen à l’automne prochain.
Cependant, alors que l’Autriche fait pression en faveur de la construction d’une nouvelle barrière solide à la frontière bulgaro-turque, la Commission européenne continue de s’opposer au financement d’une telle structure, dont le coût est estimé à près de 2 milliards d’euros.